jeudi 1 juillet 2010

Bad, bad day.

Le matin, à l'heure.
Le soir, 10 minutes de retard.

Il y a une scène dans "The Truman Show" ou un dysfonctionnement de l'appareil climatique fait qu'il ne pleut qu'à l'endroit où est assit le personnage, sur la plage. Il n'a qu'à se déplacer d'un mètre pour être à l'abri du déluge, mais il est déjà trempé.
Ce soir Florent était notre Truman, un personnage sympathique dans la tourmente, et nous son public impuissant.
On a prit l'habitude (mauvaise, j'admets) d'aller en première parce qu'on est sûr d'avoir de la place pour tout le monde. Malheureusement, aujourd'hui, on s'est fait refouler par un contrôleur assis là, son zèle le rendait antipathique, même pour moi, mais c'est peut-être juste parce qu'on a pas aimé être remis à notre place (après tout). On a tant bien que mal réussi à trouver 3 places.
On a eu une compagnie non désirée qu'on n'a pas réussi à éviter mais au moins la travée nous séparait, ça limite les contacts. Et puis on était concentré sur nos mots-fléchés, ça nous a évité d'avoir l'air de l'ignorer. On peut pas avoir envie de tout le monde, je l'ai déjà dit, même si le rejet est malheureux.
Florent a été retenu à la débauche par sa patronne. Il est arrivé trop tard pour pouvoir prendre son abonnement du mois. La contrôleuse de ce matin lui avait accordé la journée pour se mettre en règle, plutôt que payer le tarif de bord. Ce soir on stressait un peu parce qu'on s'était déjà fait remarquer par le contrôleur et en plus ils étaient trois. On a été contrôlé, évidemment, par un petit jeune qui lisait la validité de nos billets à voix haute. Je me suis dit "Florent est cuit". A la lecture, le petit ne réalise pas tout de suite qu'il n'a pas lu la même date que sur le mien, mais se reprend et je crois qu'avant même que Florent ait le temps de démarrer son explication, il dit "bon à un jour près ça passe". Soulagement de nous trois, et le gars d'ajouter sur un ton au moins aussi antipathique que son collègue "ça va pour cette fois mais pensez à l'acheter". A sa décharge, il faut dire qu'il était bien trop jeune et petit pour avoir la moindre autorité. On en a plein comme ça (des jeunes inexpérimentés, pas forcément petit) chaque été.
Florent a apprit quelques minutes avant de débaucher que son CDD ne serait pas reconduit. Après Isabelle et Nicolas, en voilà un autre qui perd son boulot. Ça m'a fichu un coup, je sais pas quoi en dire. Parce que ça sonne comme une injustice, que ça me stresse et parce qu'il me disait justement la veille qu'il comptait rester parce que c'est pas le moment de se retrouver au chômage. Mais tout ne dépend pas de nous.
Damien me pousse à changer de boulot, vivre sans train, je n'ai qu'à écrire une lettre de motivation et l'envoyer à peu près à tout le monde. Mais motivé par quoi ? Ce monde là me fait peur.

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