vendredi 30 avril 2010

Geste commercial et relation publique.


Le matin, à l'heure.

Le soir, 10 minutes de retard à l'arrivée.

J'aurais aussi pu titrer "la vengeance de Morphée". Après nous être (un peu) moqué de Damien hier, j'étais un peu juste ce matin et Nicolas l'était beaucoup trop. J'ai reçu un sms m'annonçant qu'il était en week-end. Pour finalement le retrouver quand même sur le retour, sa conscience professionnelle l'obligeant à venir quelques heures dans l'après-midi, entre les 2 trains disponibles.

J'ai pris mon abonnement pour le mois de mai ce soir. Je m'apprêtais à demander s'il y avait des compensations pour les grèves quand la guichetière me demande si j'ai mon abonnement d'avril. Je réponds oui et elle m'annonce que j'ai droit à un dédommagement de 60% du tarif. J'ai trouvé ça plutôt pas mal. Au final, mon abonnement mensuel me coûte la valeur d'un billet pour une semaine et demi. Il a fallu que j'attende d'être à Bordeaux pour faire la démarche, il fallait donner le billet obsolète.

Me voilà dans le train, non sans avoir annoncé à tout mon répertoire téléphonique que la Compagnie fait un geste commercial en notre faveur.
"Mesdames et messieurs, contrôle des billets s'il vous plaît, avec les cartes de réduction s'il y en a". Voilà une contrôleuse dynamique et prévoyante. Faut dire que les portes du Bombardier sont très silencieuses et même assis à côté, je les ai pas entendues s'ouvrir ; la contrôleuse m'a tiré de ma somnolence. Je montre mon billet et elle me dit "vous penserez à racheter le nouveau pour demain matin, si ce n'est pas déjà fait". Je me dis que ce serait déjà fait s'il n'y avait pas eu les grèves, que je travaille pas demain de toute façon alors j'ai tout le week-end pour le faire et non mais de quoi je me mêle ? Je réponds "oui". Après coup je me dis qu'elle est peut-être juste un peu jeune et zélée, qu'un peu de contact personnalisé ne fait pas de mal et que ça lui passera avec les années.

jeudi 29 avril 2010

Oups.


A l'heure, matin et soir.


C'est quand même bizarre que même les trains dernier cri aient la clim qui faiblit dès les premières chaleurs. Du coup, peu importe le train, on va souffrir cet été. Faut que je pense à prendre une bouteille d'eau.

Mais comme j'ai dit, le train était à l'heure. On aurait tort de s'en plaindre, je l'ai déjà dit aussi. Là où ça se complique c'est quand on s'est trop habitué aux retards, même légers. Moi ça va, je n'ai jamais raté le train sauf la fois où j'avais oublié mon sac chez moi (avec billet et gamelle) et m'en suis rendu compte trop tard pour pouvoir faire l'aller-retour.
Ce matin, à la descente du train, je vois un jeune fille sortir de la gare en courant. L'accès au quai n'est pas long, il y a les deux voies à traverser et la distance qui reste jusqu'aux portes dépend du temps qu'à mis le train pour s'arrêter. Elle n'avait pas traversé les voies que j'entendais l'alarme de fermeture des portes, je me suis dit "elle l'aura pas", tout en lui souhaitant quand même que le contrôleur la voie et lui laisse la possibilité de monter. En entendant le train démarrer je me retourne (parce que j'aime bien savoir comment une histoire se termine) et je vois la malheureuse lever les bras au ciel de dépit. Le train suivant passe une 30 minutes plus tard mais s'arrête à Bergerac, l'histoire ne dit pas si c'était son terminus à elle.

La vie est rigolote, pour ceux comme moi qui la regardent passer, et nous offre une série.

Le soir, je me mets au frais à l'intérieur de la gare. Je sais que quand l'horloge affiche 32, le feu passe au vert si le train est à l'heure (pile). J'avoue que je traîne un peu, par habitude je sors à 34-35. Et quand je suis sorti ce soir, le feu était vert et j'envoie mon traditionnel message à Damien "c'est vert", pour qu'il accélère le pas. Le train était à l'heure (pile), et le message était à peine parti que le passage à niveaux sonnait l'arrivée du train. Pas de Damien. J'espère qu'il est en voiture, qu'il me fasse pas le coup du retard deux fois en une semaine. Le train arrive, pas de Damien, ni de message pour me répondre "en voiture !". Je monte dans le train, pas de Damien, pas vraiment de place non plus. Au moment où je m'assois, le téléphone vibre, c'est Damien essoufflé et courant, "c'est mort ?". Oui les portes se ferment.

Nicolas, qui est un gentil garçon à l'esprit pratique, a dit "au moins avec tout ces gens qui ratent le train on arrive à avoir quelques places assises". Il a pas tort.

Mais comme l'a dit hier à une Mathilde hilare un gars monté à Libourne dans notre train pour se rendre compte trop tard qu'il partait dans l'autre sens : "c'est pas marrant".

mercredi 28 avril 2010

Jamais à l'abri.


Le matin, à l'heure.

Le soir, 10 minutes de retard.

D'abord, j'ai eu la preuve ce matin que ma théorie d'hier était fausse. L'affichage était éteint, pas d'annonce au haut-parleur non plus, mais l'alarme à la fermeture des portes sonnait.

On a toujours les bleus à bout pointu matin et soir, c'est bien, même si Perrine se plaint qu'ils sont moins confortable pour dormir. Moi je dors assis alors ça va.
Mais ce soir la clim avait visiblement un problème, il faisait chaud. C'est quand même dommage d'avoir un joli train, à peu près neuf mais de s'y sentir comme dans un train vieux de trente ans et quelques...

mardi 27 avril 2010

Une théorie.


A l'heure, matin et soir.

L'été arrive à plutôt grands pas, la clim du Bombardier n'est pas de trop, même le matin.
J'ai une théorie.
Dans ces trains modernes, il y a un affichage des annonces de gares et autres infos, avec en plus dans les Bombardier (sans s, c'est un nom propre) une alarme à la fermeture des portes, comme dans le métro en beaucoup plus strident. En plus de l'affichage il y a la voix pré-enregistrée, au volume assez élevé.
Je soupçonne certains contrôleurs, ou conducteurs, de couper les annonces vocales et affichées, de leur propre chef ou à la demande d'un voyageur. Le mauvais côté c'est qu'on a plus l'annonce de la prochaine gare, à moins que le contrôleur le fasse ; le bon côté c'est qu'à mon avis ça supprime aussi l'alarme des portes qui elle est très désagréable quand on essaie de dormir. Annonce et affichage éteints, pas d'alarme. Affichage allumé (même s'il n'annonce que le terminus), on a l'alarme.

lundi 26 avril 2010

Après la grève.


Léger retard, matin et soir.

Résumé des épisodes perdus :
début mars, Solène nous parlait de la création d'une association de voyageurs de la ligne Bordeaux-Sarlat. Parce qu'un courrier signé par un groupe a plus de poids que le même courrier signé par un individu, allez savoir pourquoi.
Je crois que juste le lendemain (un mardi) mon train du matin était un Bombardier. C'est-à-dire le train dernier cri ou presque. Il y avait le train bleu pointu que tout le monde prenait pour un TGV, le modèle suivant c'est le Bombardier (bleu à bout rond) que personne n'avait jamais vu à moins d'avoir pris le train pour Périgueux ou Arcachon. Je me suis demandé si le poids de l'association n'avait pas déjà pesé sur notre confort...
On aurait pu croire à un hasard, un accident mais non, du mardi au jeudi pendant plusieurs semaine, je roulais en Bombardier. Il y a même eu un jour où j'ai vraiment eu le modèle dernier cri : la nouvelle déco, toute blanche avec Région Aquitaine écrit en bleu.
Puis vint la grève. Fini les Bombardier (sans s, c'est un nom propre), fini la clim à la tête et le chauffage aux pieds. On ne nous sert que des vieux trains.
La vie est faite de parenthèses qui s'ouvrent et qui se ferment, le plaisir qu'on y prend ne change rien, on ne peut que s'y résigner, par habitude.
La grève se termine 14 jours plus tard et je pars pour quatre jours.
Ce matin, je termine ma nuit dans un Bombardier.
Ce soir, sur le quai, Perrine dit "on a que des beaux trains en ce moment". J'attends de voir, avant les "beaux trains" c'était les bleus pointus. Mais non, c'est bien un bleu à bout rond qui arrive ; bondé comme il se doit, on est lundi.

J'ai pas de chute.

mercredi 21 avril 2010

Comme un vendredi.


A l'heure matin et soir.

La grève se termine. Retour à la normale du trafic demain midi. D'habitude, la grève se termine soit-disant à 8h mais les horaires restent perturbées comme elle l'était jusqu'à midi. J'imagine qu'il y a plus d'employés disponibles (pardon, collaborateurs) à midi plutôt qu'à 8h. Cette fois pourtant, le site annonce :

Journée du jeudi 22 avrul 2010 : reprise progressive du trafic à partir de 12h00.

La coquille est dans le texte.
Coquille ou non, je ne prendrai les quais à une heure plus fraîche qu'à partir de lundi, mon week-end démarre ce soir.
Je me suis laissé distraire par Florent, qu'on appelle parfois le Grand Frisé, peut-être parce qu'il est grand (c'est-à-dire très grand) et frisé mais c'est qu'une théorie. J'ai pas vu le feu passer au vert et j'ai prévenu Damien un peu tard. Le train arrive, pas de Damien. Je marche lentement, je me retourne en espérant le voir arriver sur le quai. Pas de Damien. Le téléphone m'appelle, c'est Damien.
- Il est là le train ?
- Bé oui il vient d'arriver.
- Tu peux le faire attendre 30 secondes ? Je suis pas loin.
- Heu… Ah je vois le contrôleur…
Je raccroche et interpelle le contrôleur, un petit jeune à peine formé qu'on avait eu le matin déjà.
- Excusez-moi, bonjour, vous pourriez attendre quelques secondes s'il vous plaît, il y a quelqu'un qui arrive.
- Il est loin ? Parce que non on peut pas attendre, le train doit partir à l'heure.
- Ben s'il n'y avait pas grève il pourrait avoir un train dans une heure, mais là il n'y en a pas.
- Ah oui mais la grève… le train doit partir à l'heure.
- Vous savez à cause de la grève j'arrive 20 minutes en retard tous les jours, vous pouvez bien attendre 30 secondes... D'ailleurs le voilà.
Damien arrive en courant à ce moment là et c'est tant mieux, je commençais à m'énerver un peu et je me demande ce que j'aurais fait au contrôleur si j'avais réussi à le coincer contre le train.
Je fais signe à Damien et monte dans le train en disant merci au contrôleur.

On avait cette affiche près de nous, je promets qu'on n'y a pas touché, même si c'est du vécu pour nous aussi. Mais on n'a pas de marqueur.


mardi 20 avril 2010

Automatique et autocar.


A l'heure, matin et soir.

J'ai failli ne rien avoir à raconter, aujourd'hui.
La grève continue.
J'ai oublié ce que j'ai entendu à propos de la fréquence ce matin à la radio. Je crois que c'était 2 TER sur 3. Il paraît que c'est une amélioration, nous on a 3 trains dans un sens, et 3 dans l'autre depuis le début de la grève.
Ça commence à bien faire, 14 jours, mais tant que je peux aller travailler je dis rien.
Ce soir j'attendais à l'intérieur de la gare, à l'abri du soleil. J'entendais les gens demander au guichet si le train circulait, oui monsieur. Et demain ? Oui monsieur. Et après ? On sait pas c'est au jour le jour. Et à telle heure ? C'est un bus.
Une dame demande pour un voyage au départ de Vélines. C'est un bus, elle demande si elle peut prendre le billet directement dans le bus comme on peut le faire dans le train (avec majoration). La réponse est non, si vous avez une carte bleue vous pouvez le faire au guichet automatique, sinon au guichet d'une gare qui en a. Et pour le composter ? Ben à Vélines vous le compostez pas et le retour vous le compostez à Bordeaux. Le guichetier a le sourire complice, je suis pas sûr que la dame aie compris ce que ça impliquait.
Combien de voyageurs ont dû payer une amende pour n'avoir pas composté leur billet, volontairement ou non ?
Vive les jours de grève, les jours en bus et les gares désaffectées.

lundi 19 avril 2010

Nicolas a le nez creux.


Le matin, 40 minutes de retard.

Le soir, à l'heure.

La grève continue. Ça tombe bien parce que mes nuits sont courtes en ce moment.
Du coup j'étais un peu juste ce matin, mais à l'heure. J'étais encore sur les quais (ils sont jolis en ce moment, avec les jours qui rallongent) quand je sens le téléphone vibrer dans sa pochette. Je garde toujours mon téléphone sur vibreur, c'est important pour la suite. C'était Nicolas. Ça lui arrive souvent en ce moment, il est un peu juste pour attraper le train et ce matin il savait avant de partir qu'il ne l'aurait pas. Damien faisait-il la route en voiture ? Je fais l'intermédiaire, et oui, Damien est en voiture, il a eu comme nous le réveil difficile.
Comme il est plus agréable de ne pas dormir en bonne compagnie que de dormir seul, je fais demi-tour et nous voilà tous les trois à chanter des chansons sur la route. Un kilomètre à pied, ça use.
J'arrive un peu tard au boulot mais je sais que si la grève se termine, je reprendrai mon rythme de 10 minutes d'avance par jour donc pour moi ça va.
A ma pause déjeuner, je regarde mon portable pour voir si j'ai des messages. J'en ai un de Marie (je m'attendais à tout sauf à elle) qui me demande si j'ai des nouvelles du train parce qu'à 8h43 il n'est toujours pas passé.
Je passe le message à Damien et Nicolas en me disant que quand même Nicolas avait eu le nez creux avec son retard.

Au retour, Marie nous apprend que des vandales faisaient obstacle aux trains, à coup de cailloux et de pétards sur la voie. Ça peut être de simples vandales. Ou bien des grévistes de la Compagnie qui connaissent l'impact des cailloux et des pétards sur la circulation des trains...

Nicolas lit l'horoscope tous les matins. Les planètes tournent et il pense que sa chance aussi, parce que plusieurs choses positives lui sont arrivées. On lui souhaite. C'est un bon gars Nicolas.

vendredi 16 avril 2010

Touillette ? Télékinésie !


Le matin, 10 minutes de retard.

Le soir, à l'heure.

La grève continue, mais on est quand même contrôlé, on a des trains pourris et pas toujours à l'heure, tout est à peu près normal au service de la Compagnie.
Pas pour moi, je continue à prendre le train d'une heure plus tard puisque le mien est supprimé le temps de la grève. Le bon côté c'est que je voyage accompagné le matin aussi. Le mauvais côté du bon côté c'est que je peux pas dormir.
Je fais un aller-retour sur le quai en cherchant par la fenêtre si quelqu'un est déjà dans le train mais en général j'arrive un peu avant tout le monde et je m'installe dans un carré. Ce matin Hinde (anciennement connue sous le pseudonyme Robert) était déjà là. J'ai hésité à la rejoindre parce qu'en général elle dort mais j'y suis allé quand même.
Quand Florent et Nicolas (et le prof barbu) sont arrivés, le train s'était déjà rempli et il y avait moins de place, le prof s'est assis seul dans une rangée pour lire et j'ai rejoins les deux autres aux 6 places face à face. C'est bien parce qu'on peut s'y mettre à plusieurs, c'est pas toujours confortable parce qu'on est loin de ceux d'en face. Autrement dit, vaut mieux s'assoir à côté de Nicolas sinon on l'entend pas. Hinde a dit "je vais dormir".
Florent et Nicolas avaient café, croissants et journaux gratuits. Le temps qu'on s'installe, un jeune femme passe la porte et propose "touillettes ?". Elle fait la distribution aux garçons (je ne bois pas de café) et finalement s'assoit avec nous, faute de place ailleurs. A son tour Florent propose à l'inconnue "sucre ?" et au reste de la conversation, je comprends qu'ils se sont rencontrés quelques minutes plus tôt en faisant la queue pour leur café-croissant.
Elle a travaillé toute la nuit sur son mémoire, elle est fatigué et un peu stressée parce qu'elle a effacé par erreur une partie de son travail.
Les cafés sont servis dans des petits gobelets avec couvercle. Entre parenthèses c'est une sacrée amélioration, je me souviens d'un temps où le café à emporter était servi dans un gobelet ouvert, celui à consommer sur-place dans un gobelet fermé. Mais je m'éloigne de mon sujet. Nicolas et moi sommes assis face à Florent et la jeune femme qui vient d'attraper son gobelet de café. On la regarde soulever dé-li-ca-te-ment le couvercle avant de faire mine de boire. Nicolas (qui est gentil) dit "faut faire attention à pas le renverser maintenant". On a un peu rit (à notre âge un rien nous amuse), l'inconnue aussi, en secouant son gobelet au point de faire déborder le café, un peu sur son pantalon, beaucoup sur le sol.
Je me tourne vers Nicolas, pur bordelais aux yeux en amandes qui lui donnent une vague ressemblance avec Gengis Khan (d'ailleurs non mais pour moi le bouc a suffit pour en faire un sosie) ou klingon (ceux d'après la catastrophe génétique, voir mise à jour plus bas) et le visage un peu en pointe à la manière d'un lutin. Mais on l'aime bien quand même. Bref, je me tourne vers lui pour lui demander "t'es pas un peu démoniaque toi ?". Lui il a rit en laissant échapper un rire plus profond que d'habitude, de la gorge.
Elle, elle est partie se cacher pour boire son café tranquille.


Mise à jour :
Je crois que j'ai un peu vexé Nicolas avec ma référence mongole et celle, encore plus obscure, aux klingons. La fameuse catastrophe génétique est racontée dans un double épisode ("Epidémie" et "Eradication") de la série "Star-Trek : Enterprise". On nous y explique pourquoi les klingons rencontrés par Kirk ressemblaient à des humains alors que dans les autres séries et les films ils ont le front bosselé. J'en ai déjà trop dit, mais la catastrophe génétique a fait que pendant une longue période les klingons ont ressemblé aux humains.
Je vais essayer de retenir la leçon. Se moquer oui, le physique non.
Qapla'!

vendredi 9 avril 2010

Chassé-croisé.


A l'heure, matin et soir.


Petite frayeur ce matin, en arrivant sur le quai à 5 minutes du départ, pas de train.
J'y retrouve Isabelle et Florent, au moins aussi inquiets que moi. Encore qu'avec la grève qui continue je suis en retard même si le train est à l'heure. Là, on était même pas sûr d'être à l'heure. Je veux dire celle du train. Nicolas est arrivé après moi, mais il semble qu'il aime vivre dangereusement.
Nicolas parle à tout le monde. C'est le genre de gars qui, au bout de quelques mois, serait salué d'une ola (holla ? hola ? olla ?) par tous les réguliers à son arrivée sur le quai ou dans le train. Il parle à tout le monde. Son tour de force c'est que sa voix est à peine audible, on se demande comment il arrive à capter l'attention d'autant de monde...
Ce matin il nous a dit bonjour avant d'aller rejoindre le sosie de RoBERT et un jeune prof que je vois parfois le matin.
Le train est arrivé à ce moment là. Un vieux train. Un train fantôme. Pas de lumière. Pas de chauffage.
On est monté, on s'est gelé. On s'est assis tous les 6 face à face sur les rangées de 3 sièges à l'arrière du wagon. On a discuté, on s'est marré.

Ce soir, RoBERT m'a rejoint sur le quai. Oui je vais arrêter de l'appeler comme ça.
Marie, Nicolas et Isabelle étaient là aussi mais y'avait pas assez de place pour être ensemble, à cause des internes.
C'était le dernier jour en train d'Isabelle.
Elle avait porté des chocolats.

Une de moins.
Voilà.

jeudi 8 avril 2010

Presque à l'heure.


Le matin, à l'heure.
Le soir, 5 minutes d'avance.

Troisième jour de grève.
Je gagne une heure de sommeil en plus pour arriver 20 minutes en retard au boulot. Ce matin Florent m'a déposé en voiture, ça fait ça de gagné.
Ce soir, Marie (qui a troqué son look moldu pour celui de Fifi Brindacier*) est allée au guichet pour demander une réduction sur son prochain abonnement à cause des trains manquants lors de la grève du 23 mars. Refusé. La nouvelle politique de la Compagnie qui nous transporte est que depuis l'instauration du service minimum par le gouvernement, le préjudice pour l'usager a disparu.
Je crois que j'ai gardé les infos horaires de cette période là, si je les retrouve je les publie. Pour embaucher à 8h ou 9 heures du matin il fallait prendre un autocar à 5h20 ou alors venir par ses propres moyens, ce qu'on a fait. Co-voiturage. Ce n'est peut-être pas un préjudice mais c'est au moins un va-et-vient entre nos reins. Et je me retiens.

On a cru à un incident encore ce soir, juste après Saint-Emilion encore. Comme hier, le klaxon hurle et le train ralentit, mais sans s'arrêter cette fois. Par la fenêtre on voit un homme et son chien au bord de la voie...

Finalement, on arrive à Bordeaux sans encombre. Je vois l'horloge digitale sur le quai depuis la fenêtre qui annonce en orange 18:36. On est sensé arriver à 41 (voir la fiche horaire ci-contre), ce qui fait 5 minutes d'avance. Je l'ai déjà dit, je veux pas avoir l'air de me plaindre mais est-ce que c'est pas le signe d'un truc qui va mal ? Et je doute que les grèves y changent quelque chose.




*J'avoue qu'il reste rien de Fifi, sans les tresses et un t-shirt marin en plus, mais ça lui donne un air familier que j'ai eu du mal à identifier. J'aurais pu parler de "Un ange à ma table" mais c'était beaucoup moins rigolo.


Mise à jour :
Comme promis, les horaires de circulation du 23 mars.
Ou comment La Compagnie des Trains Qui Nous Transporte impose sa définition du mot "minimum" et considère que le préjudice est nul puisque ce minimum est toujours mieux que "rien".

mercredi 7 avril 2010

Reconductible.


Le matin, à l'heure.
Le soir, 10 minutes de retard.

Jour de grêve. Je gagne une heure de sommeil pour une durée indéterminée pour cause de grêve reconductible.
On est de plus en plus nombreux. 7 au total ce soir, et il en manquait deux. Ça n'a rien à voir, sauf que cette fois on était tous assis ensemble, pour la reconduction de l'Incident Du Retour.
On arrive à Saint-Emilion, on passe Saint-Emilion, le klaxon hurle, le train freine et s'arrête. Aucune idée de ce qui se passe, le contrôleur doit être en grève, en tout cas il ne dit rien. Comme on est du côté des vitres qui s'ouvrent, je la baisse et je passe la tête. Damien dit "attention quand même".
Même pas peur, on est sur une voie unique, aucune chance qu'un train passe dans l'autre sens. Au pire il arrive pile face à nous.
Avec les jours qui se rallongent, j'ai repris l'appareil photo. J'ai vu ça.
Et c'est tout ce qu'on sait de l'arrêt brutal du jour. On a roulé au ralenti jusqu'à Libourne, on a attendu là un moment que le TGV vers Bordeaux parte et on l'a suivi.
Nicolas s'est plaint d'une de mes nouvelles ou le suspens et l'ambiance ne menaient à pas grand chose, pas d'événement. Aujourd'hui c'est pareil mais c'est pas ma faute...

mardi 6 avril 2010

A-SKI-DENT


Le matin, à l'heure.
Le soir, 20 minutes de retard.

J'ai pas écrit depuis longtemps, faudra que je revienne sur les matins, du mardi au jeudi, même à l'heure depuis 3 semaines.

L'aventure du jour nous est arrivée ce soir.
Hier c'était férié, le train était bondé aujourd'hui comme un lundi. Damien, Perrine, Mathilde (une nouvelle du jour pour quelques semaines), et moi étions ensemble, Nicolas et Isabelle en première classe. Mais ça n'a rien à voir.
Peu après Libourne, choc, clank boum sous le train, chpok sur la vitre à notre opposé. Il nous semble même que des taches de poussières sont apparues sur la vitre. Le train continue de rouler sans explications de personne, mais en nous donnant l'impression de se trainer un peu. Il roule plus lentement mais il roule. On avait 10 petites minutes de retard au départ, 20 à l'arrivée. En descendant du train, Damien qui a de grosses narines (et surtout bien exercées) remarque une odeur de brûlé, plutôt forte et pas agréable. D'ailleurs, on voit même de la fumée sortir de sous le train, au niveau de la première classe, là où étaient assis Nicolas et Isabelle (il y avait un rapport finalement).
Damien, qui ne rate pas une occasion de mettre la Compagnie des Trains qui Nous Transporte face à ses faiblesse en fait part au chef de quai présent là.
Ce professionnel à l'oeil exercé remarque que le problème vient du frein, le patin (ou peu importe le terme) est resté contre la roue. Moi je ne vois qu'un machin rouge dans l'ombre sans comprendre tout de suite que ce que je vois c'est le patin en question, chauffé au rouge.
L'histoire s'arrête à peu près là, on n'a aucune idée de ce qui s'est passé, ni de l'origine du choc entendu. Pas tout à fait un accident mais un incident quand même.
Ce qui est plus que probable c'est que sans l'intervention de notre héros grand et blond le train serait reparti tel quel et se serait sûrement arrêté quelque part sur sa route laissant ses voyageurs bien embêtés.