A l'heure, matin et soir.
Damien était en voiture, Solène en réunion, Marie en congés. Je me suis trouvé seul avec les nouveaux, Perrine, Nicolas et Florent et leur collègue blonde mais je connais pas son nom.
On a parlé boulot, déliré sur un avenir à peine plausible. On a voyagé sans s'en rendre compte, bercés par nos éclats de rire.
Il y a ces groupes de rock, on change le chanteur, on change le guitariste, le batteur. Les fans suivent les changements ; l'histoire du groupe se résume en périodes "c'est la période Untel, juste après l'overdose d'Untruc et avant le départ en Inde d'Unetelle, tu sais celle qui jouait du triangle, mal en plus". Bref, la légende se construit comme la genèse du monde : en alignant des noms que seuls les irréductibles arrivent à retenir.
Le nom du groupe reste le même, comme une marque. La musique varie selon que le changement de casting est plus ou moins heureux.
C'est pareil pour La Compagnie du Train. Pour moi le soir se jouait à quatre, Damien, les deux Alex et moi. On discutait, on se marrait, fallait y être pour comprendre.
Les deux Alex sont partis, la musique a changé, j'ai regretté notre harmonie. Marie est revenue, Solène est là plus souvent, nous voilà quatre à nouveau, on se marre bien, mais l'équilibre n'est pas le même.
D'autres gens se sont assis avec nous, le temps de quelques voyages, ça ne l'a pas fait du tout, on a même pas essayé d'enregistrer un disque.
J'ai voyagé ce soir avec le sang neuf et je me sens bien parce que notre groupe s'agrandit de gens de qualité.
On a voyagé à cinq. Trois d'entre eux ont de fortes chances de nous quitter pour d'autres horizons avant la fin de l'année.
Le changement, encore.
Mise à jour : la blonde Isabelle n'est pas une collègue de Nicolas et Florent, et son départ est prévu pour mi-avril.