lundi 31 août 2009

L'avenir.


Le matin, léger retard. Vieux train, pas de clim. Faisait frais.
Le soir, 10 minutes de retard à l'arrivée. Train bleu climatisé. Deux rames !

C'était aujourd'hui le dernier jour de Sophie. Nouveau boulot dans deux mois, un job pour faire la jonction. Elle change d'appart ; elle prévoit, avec ses premières paies, d'acheter une voiture, l'internet... La vie quoi.
Quand Alexia est partie, elle avait quelques projets. Le plus grand changement et la plus grande incertitude viendraient de son homme. Partir ou rester, avec quel boulot. J'aurais dû faire mon enquête avant d'écrire, je sais qu'elle travaille, mais lui je sais pas où il en est.
Alexandre bouge beaucoup. Lui et sa moitié sont des scientifiques. Elle finit sa thèse. Après ça, ils se tiennent prêts à poser leurs valises n'importe où dans le monde. Un peu comme cette pub pour le Loto : un globe tourne et un doigt l'arrête au hasard. Si on allait là ? En attendant, la vie lui a offert une année de galère.
Damien, lui, prend toujours le train. Sauf quand il le rate. Ça l'empêche pas d'avoir une vie. Un mariage, peut-être. Finir ses études, se mettre à son compte si tout se passe bien.
L'avenir et les projets qui vont avec.


samedi 29 août 2009

Hors série #2 - Les anciens


Samedi, pas boulot, pas escapade, pas de train.

J'ai fait un truc que je fais rarement le week end, croyez-le ou non : je suis sorti me promener. J'avais une course à faire et je me suis laissé arrêter par une fanfare place Saint-Projet. C'était le genre de course qui peut attendre, et j'aime les fanfares alors j'ai profité du moment.
La leçon du jour : quand on accepte un cadeau de l'Univers, il vous en fait un deuxième.
L'autre leçon, plus abordable : pour voir et rencontrer du monde, il suffit de sortir.
J'ai écouté la fanfare, c'était rythmé, ils étaient rigolos, c'était bien. Et puis dans la foule, je reconnais un visage. Alexandre, ancien du train, appareil photo autour du cou. Il ne prend plus le train mais on est membre à vie de la Compagnie du Train. On a tous bu notre sang en sautillant autour d'un feu un soir de pleine lune.
J'ai enlevé mes lunettes de soleil pour qu'il me reconnaisse et on a mis nos vies à jour parce que malgré tout, on se parle pas souvent. Pendant qu'on discute de choses pas drôles, je reconnais une autre silhouette derrière lui, cette fois le tatoué de Saint-Emilion (voir les Voyageurs Anonymes du 23 mars). Pour l'anecdote, il ne prend plus le train, il a déménagé à Saint-Emilion depuis quelques mois déjà. Il y a maintenant Le Tatoué de Libourne. Un régulier tatoué en remplace un autre.
La fanfare a arrêté de jouer, Alexandre est parti en chercher une autre à photographier, je suis parti faire ma course. Au retour, j'ai croisé le tatoué qui avait fini la sienne. J'ai de nouveau enlevé mes lunettes et on a discuté un peu. Nos affinités sont différentes mais un ancien est un ancien.
Et un visage connu est presque la moitié d'un ami.

vendredi 28 août 2009

Les Compagnies alternatives.


Le matin, 10 minutes de retard à l'arrivée. Climatisé.
Le soir, à l'heure. Fenêtres ouvertes.

C'est pas les occasions de se retrouver qui manquent. Bon nous, le train, c'est le hasard, mais c'est quand même un rendez-vous quasi-quotidien autour d'un élément commun de notre vie.
Sinon il y a les réunions de motards. Ils sont sympas.
Les rassemblements de jumeaux. C'est mauvais pour la vue, on voit double. (facile)
Les conventions de coccinelles. Les voitures, pas le Butterfly Ball illustré plus bas.
Il y a eu Woodstock, mais ça n'arrive qu'une fois. Comme les 15 premières minutes d'Avatar, mais ça ressemble à un buzz destiné à faire croire qu'un film médiocre doit absolument être vu. Mais je m'égare.
Il y a les embouteillages. On s'en passe.
Il y a les concours de bandas.
Et puis, chaque vendredi après-midi, les réunions de vieux qui s'assument. Ils sortent dans la rue au moment où je passe pour aller vers la gare. J'ai été témoin tout à l'heure d'un au revoir particulièrement réaliste qui en aurait vexé plus d'un : "à vendredi prochain si t'es pas mort d'ici là".
Une pensée valable à tout âge.
A vendredi prochain donc, aux plus solides d'entre nous en tout cas.


jeudi 27 août 2009

Ça sent la fin.


Le matin, à l'heure. Climatisé.
Le soir, léger retard à l'arrivée. Fenêtres ouvertes.

La fraîcheur revient le matin.
Du brouillard un lendemain de pluie, il y a quelques jours.



Profitons-en tant qu'il fait jour, c'est joli.






Je me demande si j'ai déjà réussi à si bien avoir ce pont de Libourne. Il y a là un tag que je vise, on le devine derrière la brume. C'est pas de chance, ce jour-là, je cherchais pas le graffiti mais il est plutôt bien cadré.

Le gros défaut de ces photos prises le matin, c'est qu'il y a mon reflet dans la vitre.
Parfois ça fait un effet sympa, parfois ça gâche...

mercredi 26 août 2009

Faites place.


Le matin, à l'heure. Climatisé dans le brouillard.
Le soir, léger retard au départ. Fenêtres ouvertes.


Un matin de la semaine dernière, il y avait des affiches "Réservé" sur les vitres du train. Dans ces trains bleus, on n'a pas beaucoup de choix de places et puis j'avais pas envie de céder ma place habituelle alors je me suis assis en me disant qu'on verrait bien. Heureusement, le groupe en question ne devait monter que plus tard, j'ai fait mon voyage tranquille, en me demandant se qu'il se passerait quand ils seraient là, comment la chose serait gérée. Au fur et à mesure, le train s'est vidé, je me suis dit que peut-être il serait naturellement vide à la montée de ceux pour qui on avait réservé la moitié du train. Mais non. Avant qu'on arrive à leur gare, la contrôleuse est passée, pour demander aux voyageurs encore présents de changer de place. C'est un groupe de gosses qui est monté. Des petits, je veux dire. Je crois que tout le monde aurait changé de place sans qu'on lui demande, en les voyant arriver...

On était quatre, ce soir, Solène est en train pour quelques jours. On s'est donc cherché un carré de places, mais il n'y en avait pas. On a compensé en s'asseyant chacun à la place couloir de 4 duos. Autrement dit à nous quatre on monopolisait 8 places. 7 en réalité, Solène était assise à côté de quelqu'un.
La Compagnie du Train en terrain conquis.

mardi 25 août 2009

Odeurs, malheur !


A l'heure, matin et soir. Jour de pluie, la clim compte pas et les fenêtres étaient fermées. Cela dit faisait pas chaud ce soir dans le train.


Quelques souvenirs, là comme ça.
Il y a eu quelques jours, une odeur de pieds. A la descente, c'était du vomi dans les escaliers à Bordeaux.
Peu de temps après, d'autres pieds. J'ai cru entendre la contrôleuse dire au gars "faut vous doucher avant de prendre le train". Oui certes. Mais aussi quand on prend pas le train.
Ah oui voilà, je me souviens où je voulais en venir. Il y a le gaz. On sait ce que c'est, c'est du gaz. La fumée, je devine : des particules quelconques. Mais l'odeur ? Quand on se trouve à proximité de quelqu'un qui sent si fort des pieds, est-ce qu'il n'y a pas un danger ou quelque chose qui se passe pour nous ? Comme les fumeurs passifs, vous savez. La comparaison me plaît moyen : ça voudrait dire qu'avoir une odeur de pied dans le nez revient à lécher ledit pied.
Cela dit y'en a qui aiment.
J'en suis pas.

lundi 24 août 2009

Sophie a le mauvais oeil.


Le matin, à l'heure. Climatisé.
Le soir, 10 minutes de retard. Fenêtres ouvertes. Quelques voyageurs debout jusqu'à Castillon.

J'étais surpris ce matin de la ponctualité du train. J'ai pas eu l'impression qu'on roulait particulièrement vite, mais on est parti à l'heure et si on n'est pas arrivé à la minute près, on était en avance.
Ce soir, comme il n'y a pas l'heure sur le quai, j'ai pas fait attention à l'heure de notre départ. Mais le train était à l'heure. Passé Castillon, Sophie remarque qu'on est pile à l'heure, peut-être même un chouia en avance. Comme moi ce matin, elle trouve que c'est assez rare pour être remarqué.
Seulement voilà, après qu'elle soit descendue, et même bien avant d'arriver à Bordeaux le train a ralenti. On a passé les quatre tunnels au pas. Pour l'anecdote, je me suis dit : "tiens t'aurais pas une photo à faire, en profitant qu'il roule lentement ?". Mais j'ai pas eu d'idée, et puis j'étais pas très bien placé alors j'ai laissé passer. C'est quand j'ai vu le pont d'Aquitaine que j'ai commencé à me souvenir qu'il y a effectivement une photo que je veux faire, entre le troisième et le dernier tunnel et que je rate toujours. En fait je m'en suis souvenu quand j'ai vu ce que je vise. Encore raté.
Bref.
Roulant au pas, on a croisé un train de marchandise et je crois un train de voyageur. Au final, 10 minutes de retard.
Fait pas bon être en avance. Avant l'heure, c'est pas l'heure, etc.

vendredi 21 août 2009

Absence.


Le matin, à l'heure. Climatisé.
Le soir, à l'heure. Fenêtres ouvertes.

Bon ça n'a dû échapper à personne, j'ai raté quelques jours. Rien de grave, j'ai juste oublié. Mais c'est un problème parce que j'ai vu, au retour des vacances, quelles conséquences pouvait avoir l'absence d'activité sur le blog. Je vais faire une comparaison que tout le monde va comprendre : un quotidien qui ne paraît pas, personne ne le lit. Forcément. Ben ici c'est pareil, il y a les habitués qui font quelques tentatives, pour voir, et les autres qui tombent là par hasard, mais la fréquentation a quand même sacrément baissé. Et quand on a envie d'être lu, une baisse de la fréquentation ça fait pas du bien.
Donc voilà, je promets rien pour l'avenir mais j'ai bien compris que j'avais intérêt à écrire.

jeudi 20 août 2009

Lola a un amant et autres anecdotes.


Le matin, 13 minutes de retard. Climatisé.
Le soir, à l'heure. Fenêtres ouvertes.

J'ai eu un drôle de contrôleur.
Deux touristes (chinois et/ou américains, j'ai pas bien compris ils avaient l'air de parler chacun une langue) allaient à Saint-Emilion. L'un des deux a tendu un billet vers Arcachon, qui est en gros à l'opposé. Bien sûr le contrôleur l'a vu et l'a fait remarquer au fraudeur innocent. L'autre n'a pas compris un mot, français ou anglais, de l'homme en uniforme. Finalement, le contrôleur a abandonné, a réglé son compte au billet et est parti.
Il a alors contrôlé un autre type (à l'accent anglais celui-là) qui venait d'Arcachon (ça s'invente pas) et dont le billet n'était pas valable non plus, j'ai pas bien saisi pourquoi. Cette fois, le contrôleur a perçu le prix d'un billet au tarif de bord. Parce que cette fois il a pu communiquer avec le voyageur. Et quand je dis communiquer, il a tout expliqué, en long, en large et en travers au pauvre homme qui a peut-être accepté de payer pour qu'il se taise. C'est comme ça que j'ai appris que le tarif pour un billet acheté à bord, c'est 4 euros en plus du prix normal, pour les trajets de moins de 100km.
Plus tard, dans la même rangée, il s'est fait alpaguer par une dame en colère. Ils étaient loin, j'ai pas entendu ce qu'elle disait mais j'ai compris qu'il se faisait engueuler, la Compagnie à travers lui, pour le retard du jour. Le bonhomme, très calme, lui a expliqué les causes du retard en question. J'ai cru comprendre qu'il y avait eu mort d'homme. Ça a à peine calmé la dame en retard, comme je tentais d'expliquer l'autre jour, quand notre train est en retard, c'est de la persécution, y'a qu'à nous que ça arrive.
En tout cas, je me suis dit que si la Compagnie connaissait le comportement de ce gars là, elle le planquerait dans un cachot quelque part. On n'est pas là pour faire du social monsieur, ni pour leur faire leur éducation. Les clients (surtout n'oubliez jamais de les appeler Voyageurs ou Usagers) sont là pour payer. La Compagnie n'a jamais tort, vous ne vous excusez en son nom que quand elle vous le permet.

Sinon, le soir, Lola nous a demandé : ça veut dire quoi sweet ? Comme on la pressait de questions, elle a fini par nous dire que quelqu'un lui avait dit "sweet kiss". Lola aurait-elle quelqu'un dans sa vie ?
(cela ne nous regarde pas)

mercredi 19 août 2009

Le jour le plus chaud vs Santé publique.


Le matin, à l'heure. Climatisé.
Le soir, 5 minutes de retard au départ, 20 à l'arrivée. Fenêtres ouvertes.

Je sais que j'en ai déjà parlé mais Damien m'a exhorté à le refaire. On a un train climatisé à la fraîcheur du matin, et un vieux train sans clim le soir, alors qu'il a accumulé la chaleur de la journée passée. Certes c'est pas très logique et encore moins confortable, mais puisque j'en ai déjà parlé, quel intérêt de recommencer ? J'étais pas vraiment motivé pour le faire, je me disais à quoi bon, qu'y aurait-il à raconter. Ce qu'il y a de bien avec la vie c'est que les jours passent. Un jour qui passe est un jour qui arrive. Et un jour qui arrive amène sa motivation. En gros, aujourd'hui est arrivé.
Le jour le plus chaud de la semaine, ils ont dit à la radio ce matin. Peut-être même le jour le plus chaud de l'année. 36°. Est-ce que vraiment on n'a jamais connu ça ? Bof, je me suis pas vraiment inquiété.
Mais les gens qui m'accompagnent, Sophie, Damien et Déborah, ont l'esprit plus pratique et plus aiguisé que le mien. 36° c'est supportable quand on est dehors, mais dans le four antique qu'est le train du soir, ça promettait d'être une sacrée épreuve. Je me souviens d'un été ou plein de gens sont morts de chaud parce qu'ils étaient isolés. Nous on est dans un train bien rempli, est-ce qu'on est plus en sécurité ?
J'ai pris l'habitude de boire une petite bouteille d'eau avant de prendre le train. De ce côté là ça allait plutôt bien pour moi, je sentais les gouttes de sueur me chatouiller en courant sous le t-shirt et j'évitais de m'appuyer contre le siège pour bien laisser circuler l'air.
Un train qui roule est un train qui avance. Un train qui avance est un train qui arrive. La grande différence entre un train et un jour c'est que tout peut faire obstacle à un train. Le jour passe, quoi qu'il arrive. Et donc, je sais pas comment elle y a pensé, Déborah a parlé d'excès de vitesse quand le train est passé sous les tunnels à l'entrée de Bordeaux. Moi ça me posait pas de gros problème, vu la chaleur qu'il faisait là-dedans, on était tous plutôt pressés d'arriver. C'est vrai que d'habitude il ralentit en klaxonnant à ce moment là, c'est comme ça qu'on sait qu'on arrive sans regarder dehors.
Aujourd'hui, le train s'est engouffré dans le tunnel numéro un, puis dans le tunnel numéro deux, au même train d'enfer dans le tunnel numéro trois, à toute berzingue dans le tunnel numéro quatre. C'est en sortant de celui-là qu'il a ralenti. Tant et si bien qu'il s'est carrément arrêté. Oh pas longtemps, mais juste assez pour se rendre compte que finalement avec les fenêtres ouvertes, y'a de l'air qui entre et ça rafraîchit un peu. Et puis il a redémarré, sans qu'on sache ce qui s'était passé, le haut-parleur ne marchait pas.
Il a roulé trrrès lentement.
On est arrivé sur le pont et il s'est arrêté de nouveau. J'aurais presque pu avoir de la nostalgie de nous retrouver là, parce que ça nous était pas arrivé depuis longtemps, et il est loin maintenant le temps où ça nous arrivait tous les soirs. Donc stop. On était à l'heure, je l'ai vu sur la montre du touriste asiatique assis à côté de nous. Il avait un guide en anglais, ça pouvait tout aussi bien être un américain mais je m'égare. On était à l'heure mais on s'est arrêté.
Quelques minutes ont passé. Un train aussi. Je me suis dit c'est bon on repart. On n'est pas reparti. On fondait sur place. On prend Dali pour un génie parce qu'il a peint des gens qui se liquéfient. Je parie qu'il prenait le train. Vu que cette idée là est déjà prise, il nous reste comme inspiration la moule dans sa casserole ou le poulet au four. Pas la chaleur tournante, ni la broche (heureusement !) ; le plat, la viande ou le poisson en chemise posé dedans, et puis voilà. On est resté là, sans explication ni raison apparente pas loin de 20 minutes.

Il y a un nouvel accessoire à la gare. Un défibrillateur public. Votre coeur a des faiblesses, trouvez quelqu'un qui sait faire fonctionner le machin et hop. Comme dans Urgences. La demande devait être forte. Combien de personnes ont souffert de n'avoir pas là un défibrillateur ? J'admets qu'il suffit qu'une personne soit sauvée pour que la présence du truc soit justifiée.
Ça m'a fait réfléchir sur la disponibilité du service public. La mairie est fermée le samedi. Je suppose que je suis le seul à en avoir besoin. Ou à ne pas vouloir quitter le boulot pour les démarches administratives. Bon d'accord, ma santé n'en dépend pas.
Des bouteilles d'eau dans les trains. Ah ! Qu'on me dise pas que ça sert à rien. De l'eau gratuite je veux dire. Il y a bien des distributeurs dans la gare, mais quand le train reste bloqué 20 minutes à l'entrée de la gare justement, ça nous fait une belle jambe un distributeur sur le quai. Cela dit, un train climatisé ferait l'affaire.
Pareil pour le défibrillateur : si la chaleur provoque un malaise et qu'on en a besoin d'urgence, c'est pas de le savoir à l'intérieur de la gare qui nous rassurera.
Il faudrait un distributeur de préservatif. Ça aussi ça sauve des vies. Mais quelqu'un est contre. Sauver des vies oui mais pas de n'importe quoi.
Un drôle de truc, le service public.


mardi 18 août 2009

Eponyme.


Le matin, léger retard au départ. Climatisé.
Le soir, 30 minutes de retard à l'arrivée. Fenêtres ouvertes sur la canicule.

On y a échappé de justesse ce matin. Peu après que je me sois installé, j'ai vu le chef de quai monter dans le train pour nous compter. J'ai bien trouvé ça bizarre mais sans m'y arrêter. Et puis il nous annonce par le micro que le contrôleur du jour a eu un accident et qu'on attend un remplaçant. 10 à 15 minutes.
Je me suis dit "pour qu'il nous compte, c'est qu'ils prévoient une solution de remplacement". Je me voyais déjà dans le train de 8h mais non, 8 minutes de retard au départ, arrivée à l'heure. La remplaçante était charmante (une débutante sûrement) et je me suis dit "voilà une affaire rondement menée".
La journée a passé. Retour à la gare. J'entre parce qu'il y fait plus frais et j'entends là des dames assises sur les bancs parler de retard. Ça ressemblait plus à de l'actu qu'à un souvenir, je me suis dit qu'on verrait bien. Sophie, qui de son côté a eu une intuition qu'on donne propre aux femmes (d'ailleurs c'en est une), a regardé les infos traffic sur internet et a transmis la nouvelle à nous autres, pauvres garçons, tout juste bons à faire pipi debout.
25 minutes de retard.
Forcément, c'est la raison d'être du blog, et ce billet en est la chanson titre.
Bien sûr, les voyageurs vers Paris n'ont pas eu leur correspondance à Libourne. Le TGV aurait dû attendre plus de 10 minutes et il semble que c'est justement la limite de tolérance d'attente pour un TGV. Au delà, l'incidence sur le reste du traffic est bien trop importante. Les dames en question ont pesté, on les comprend. Les guichetières malheureuses ont eu bien du mal à expliquer pourquoi il n'y avait pas de grand panneau d'affichage (on est une toute petit gare, on n'a pas les moyens) et répétait depuis derrière la vitre "on fait notre possible".
Je vais me faire l'avocat du diable. Quand on est en retard, on admet difficilement que la correspondance ne nous attende pas. Quand on est à l'heure, on râle parce que notre train reste en gare "pour une durée indéterminée" pour permettre une correspondance. Autrement dit, ce n'est pas le TGV qu'on privilégie, où le train de campagne qu'on néglige, c'est toujours le train dans lequel on est ou celui qu'on veut prendre qui est lésé.

La parole est à la défense, Damien c'est à toi.

lundi 17 août 2009

Comme un voyage entre amis.


Le matin, à l'heure. Climatisé.
Le soir, à l'heure. Fenêtres ouvertes.

Il y a longtemps qu'on n'avait pas été si nombreux. Solène, Sophie, Damien, sa Déborah et moi. Damien a recruté sa chère et tendre pour travailler avec lui quelques jours.
Du coup, pour un lundi mystérieusement bondé comme d'habitude, Solène et moi qui étions les premiers arrivés nous sommes inquiétés du nombre de places qu'on trouverait. C'est déjà pas facile d'en avoir 4, alors 5...
Mais bon, on a trouvé.
Sophie, revenue de vacances, nous a parlé de son prochain boulot qui la libérera d'une portion de trajet en train. On ne la verra quand même pas parce qu'elle sera dans l'autre sens. Plus que deux semaines, Sophie, courage.
Solène nous a parlé (d'après le Sud-Ouest) d'un meurtre pas loin de chez moi. Avec un tournevis, rien de moins. Et de touristes anglais qui lisant le titre demandaient "qu'est-ce que c'est arme blanche ?", "pourquoi arme blanche ?". Solène bien embarrassée et incapable de répondre, comme la majorité d'entre nous. Une arme blanche c'est un couteau. Pourquoi arme blanche ? Haussons les épaules et levons les mains en signe d'impuissance. Pfft.
Déborah a exposé sa théorie : c'est à cause du reflet. Je rappelle que c'est la petite amie de Damien, alors forcément, elle doit être capable d'être décalée. Je dis ça très respectueusement, vous vexez pas surtout.
Pour que le dossier soit complet, une arme blanche est une arme dont la force d'action ne dépend pas d'une explosion. Si je comprends bien, il y a arme à feu et arme blanche. Et on dit blanche parce qu'à l'origine la lame des armes en question n'était ni décorée, ni teintée, d'or ou de bronze. Autrement dit, les sabres gravés magnifiques qu'on voit dans certains films ne sont pas des armes blanches au sens strict du terme...
Damien a peu parlé. En général, quand Sophie est là, c'est elle qui gagne...
J'ai pris le relais, après que Sophie et Solène soient descendues, quand on m'a parlé de mon week-end. J'ai vu et adoré le dernier Woody Allen "Whatever works". On a parlé de conventions et de liberté. D'amour et de sexe. J'espère quand même que vous vous êtes rendus compte que je vous ai dit un truc qu'on dit pas à n'importe qui... Ou bien est-ce que c'est moi qui y accorde plus d'importance que ça n'en mérite ? A propos d'ignorer le regard des autres, j'ai encore du chemin à faire...
Bref.
On était nombreux, on était dans un train et on discutait.
Mais on rentrait du boulot.

vendredi 14 août 2009

Mini monument.


Le matin, à l'heure. Climatisé.
Le soir, à l'heure. Fenêtres ouvertes.

Bon faut s'entendre sur le sens du mot monument. J'ai étendu la définition jusqu'à "vieux machin, souvenir d'un autre temps". S'il n'avait pas été pris dans le mur, j'aurais titré Brocante. Mais là non, on a rénové le mur tout autour.
"Nivellement Général". Est-ce que ça veut dire que notre campagne est à 20,62 mètres au-dessus de la mer ? Je nous croyais pas si haut. Pourtant, Google Earth me confirme plus ou moins. Si quelqu'un a une idée de la signification de l'autre indication, je prends.
La petite histoire, quand même, c'est que je passe par là au quotidien depuis presque 3 ans, et moins régulièrement pendant 8-9 ans avant ça. J'ai remarqué ce machin là juste cette semaine.

jeudi 13 août 2009

Vous êtes arrivés à :


Le matin, à l'heure. Climatisé.
Le soir, à l'heure. Fenêtres ouvertes et ça commence à pas trop suffire.

Le t de Montravel ne se prononce pas, certains contrôleurs ne le savent pas.
On y prépare la fête du 15 août, comme chaque année. Le terrain longe la voie, on voit les tentes mises en place, les gens campent là le temps des préparatifs, la petite qui fait coucou au train. Y'a des gens qui vivent ici. Mais personne ne monte.
Je crois qu'il faut profiter de cette gare là tant qu'elle y est parce qu'à mon avis les récents sondages ne lui ont pas été favorables. Déjà, je l'ai toujours connue fermée. Je suis même pas sûr qu'il y ait un guichet automatique. Le train s'y arrête, les gens montent et descendent, c'est tout. Le problème, pour la Compagnie, c'est qu'il n'y a pas assez de gens qui font ça. Monter et descendre ici.
A vrai dire je m'en fout un peu de Lamothe-Montravel. J'ai pas l'intention, là comme ça, d'y mettre les pieds et encore moins d'y vivre. Mais cette ville et cette gare sont bien utiles à quelqu'un, même s'il ne se montre pas souvent.
On voudrait réduire les gaz d'échappement. On cherche à réduire le temps de trajet entre les grandes villes mais on éloigne les villes de campagne. Une ville qui perd sa gare est une ville qui s'isole. Non ? Quand on dira aux gens qu'il faut autant de temps pour faire Bordeaux-Lamothe que Bordeaux-Paris, on aura l'air de quoi ? J'exagère à peine.

mercredi 12 août 2009

Expression libre.


Le matin, à l'heure. Climatisé.
Le soir, à l'heure. Fenêtres ouvertes.

Un matin, j'ai ouvert la tablette et j'ai vu ça sur le fauteuil.
"Si t'es sérieuse t'es ma meuf sinon t'es ma put"
Un fan d'Orelsan sûrement. Cela dit, à propos de ce dernier, je fais partie de ceux que la chanson ne choque pas.
Ça m'a toujours amusé qu'on fasse une faute d'orthographe à une insulte. C'est comme si on lui enlevait tout son pouvoir. Tu dis un mot, tu sais même pas l'écrire… C'est dommage parce que graphiquement, je trouvais ça réussi.

mardi 11 août 2009

Regarde, c'est le type de la télé.


Le matin, à l'heure. Climatisé.

Le soir, à l'heure. Fenêtres ouvertes.

Il y a des photos qu'on aimerait bien faire mais qu'on n'a pas le droit de publier. Droit à l'image, respect de la vie privée, ce genre de bêtises. Heureusement qu'on ne reconnaît personne à ses pieds sinon on aurait un problème.
Il y a pourtant des visages qu'on prendrait bien en photo pour les montrer. Pour voir si tout le monde voit comme moi. Il y a une dame que je vois de temps en temps, le soir. Pas très grande, blonde. Elle me rappelait quelqu'un et j'ai fini par trouver qui : Barbara Bain. Faut avoir à peu près mon âge et/ou connaître Cosmos 1999 et Mission Impossible pour savoir qui c'est, en plus je crois que mon sosie est un brin plus jeune, mais quand même.
Il doit y avoir une entreprise de clonage dans la région.
Je croise matin et soir Isabelle Nanty (mince).
J'ai vu une fois Mylène Farmer (vieille).
Parfois il y a Robert (la chanteuse, pas le dictionnaire).
Et ce soir (non mais vraiment) David Cronenberg.
Croiser Ruppert Everett à Paris, j'ai à peine frémis. Tout le monde est à Paris.
Pierre Bellemare à Libourne, ça surprend mais on se dit qu'après tout faut bien partir en vacances.
Mais là, dans le train, ça méritait un article. Mieux, j'ai trouvé une nouvelle cible pour augmenter la fréquentation de la ligne Bordeaux-Sarlat : les chasseurs d'autographes.

lundi 10 août 2009

Vandales !


Le matin, à l'heure. Climatisé.
Le soir, à l'heure. Fenêtres ouvertes.


C'est fou le nombre de moyens d'expression qu'inspire le train à ceux qui le prennent. Il y a le graffiti de base, qui est facile à comprendre s'il est lisible. Les pieds sur le siège qu'on pourrait prendre pour l'expression d'un désir d'indépendance et de rébellion, mais à tous âges. Et le vandalisme si pur et si simple qu'il m'échappe complètement. Coups de cutter et vol d'accessoires.
Bon les accessoires, je peux comprendre qu'un décorateur inspiré puisse avoir un désir compulsif de récupération d'objets authentiques. Mais les poubelles ? Le marteau brise-vitre ?
Ah ! Si seulement je pouvais le rencontrer pour qu'il m'explique... Mais le voleur de marteau est-il sain d'esprit ?

vendredi 7 août 2009

Du plaisir de revoir un inconnu.


Le matin, à l'heure. Climatisé.

Le soir, léger retard. Fenêtres fermées, les gens sont fous.

Je suis retourné à la gare ce soir.
Un soir comme les autres dans une gare, y'a des trains en retard, des gens qui partent, des gens qui attendent que leur train s'affiche et des gens qui arrivent. J'étais près d'une porte, là où tout le monde se croise, et j'ai vu arriver un ancien de notre ligne. Ce gars "qui travaille dans le social" et que Solène avait tenté de recruter pour écrire ici. Ça ne s'était pas fait et en plus je le voyais même plus dans le train. On avait fini par apprendre qu'il avait changé de ville, vers des trains plus cléments.
J'ai dû avoir l'air content de le voir (d'ailleurs je l'étais), on s'est dit bonjour pour la première fois depuis 2 ans.
C'est tout.

mercredi 5 août 2009

Féminisation de l'espèce.


Le matin, à l'heure. Climatisé à fond, j'avais presque froid.

Le soir, à l'heure. Fenêtres ouvertes. Trop chaud.

On m'a fait remarquer un jour que je voyais pas les choses comme tout le monde. Quand je raconte un film, personne n'a vu le même et j'ai parfois l'impression de voir autour de moi des choses qui échappent aux autres. Par exemple, je ne croise que des voitures blanches (ou rouges, je me souviens plus). Il y a quelques jours encore j'ai vu depuis le train une enfilade de voitures bleues ou en tout cas foncées (je voyais pas bien de loin). Mais 3 ou 4 voitures ça suffit pas pour être impressionné.
On pensera peut-être que j'ai la tête un peu vide pour remarquer des trucs aussi anodins. C'est pas faux.
Ce matin ce ne sont pas les voitures qui ont attiré mon attention. C'est les filles. Bon on était pas nombreux dans ma moitié de train, j'ai compté onze personnes au départ. Et seulement trois garçons. Un autre est monté à Cenon. Score : 8 à 4 pour les filles.
A Saint-Loubès, deux garçons sont montés mais ils se sont assis dans l'autre moitié du train, ils comptent pas. Un autre est descendu.
A Libourne, deux garçons sont descendus et peut-être une fille mais je suis pas sûr, j'ai arrêté de compter. Par contre il y en a une qui est montée.
Score final : 8 à 1
Ceux qui me connaissent bien savent l'effet que ça m'a fait.

PS : à propos d'hier, j'ai oublié d'écrire, t'inquiète pas maman.

lundi 3 août 2009

Code couleur.


Le matin, 25 minutes de retard. Climatisé.
Le soir, à l'heure. On a supporté les fenêtres fermées, c'est mieux pour discuter.

Vu depuis le train, à la gare, en attendant le départ.
Il y a six affiches au total sur cette photo. Quatre sur le mur à l'arrière plan, deux sur le panneau sur le quai. Pour trois produit différents : une bière, un quotidien (slogan "adieu train-train" ah ah), et un roman à propos d'un rat (Firmin).
Mon appareil photo a atteint là ses limites, surtout à travers la vitre, mais une chose m'a frappée. Toutes les affiches ont la même couleur. Jaune et/ou vert.
Les couleurs de l'été ? La citronnade ? La fraîcheur du citron vert ?
Je dois dire qu'il y en a quand même une qui a un impact sur moi. Ce roman m'intrigue.