mardi 31 mars 2009

Votre attention s'il vous plaît.


A l'heure, matin et soir.

Voie 2, attention au passage d'un train.

Le train numéro ___, à destination de ___, départ initialement prévu à ___, partira avec un retard de __ minutes environ.

Nous rappelons aux voyageurs que les voies sont affichées 20 minutes avant le départ du train.

Contrairement à ce qui a été annoncé, le train TER numéro ___, à destination de ___, départ prévu à __h__, partira voie __.

Le train numéro ___, à destination de ___, départ initialement prévu à ___, est supprimé.

(à chacun son train et sa gare, remplissez les blancs)


Merci pour votre compréhension.

Nous informons les voyageurs à destination de Paris ayant leur correspondance en gare de Libourne que la correspondance est assurée. La correspondance de 18h21 vers Paris-Montparnasse en TGV est assurée à Libourne.

Libourne, Libourne. Correspondance IMMÉDIATE pour Paris-Montparnasse, quai 2 voie 2.

Nous informons les voyageurs qui souhaitent prendre la correspondance à Libourne pour le TGV à destination de Paris-Montparnasse qu'ils doivent rester dans ce train. La correspondance se fera en gare de Bordeaux-Saint-Jean par le train de 19h51.

Veuillez nous excuser pour ce retard.

Attention à la hauteur de la marche à la descente du train.

Pour la sortie, veuillez emprunter les passages souterrains, s'il vous plaît.

In the night

Ce matin, je me suis levé dans la nuit. Heure d'été oblige…
Je voyais le jour poindre au fur et à mesure que le bus me conduisant à la gare s'approchait de son terminus.

Par chance, j'ai pris le bus de 7h10, qui est un bus double ; car le suivant de 7h18 est un petit bus à la limite de la surcharge, malgré les études statistiques menées depuis des mois, voire même des années, par la Compagnie du bus, dont l'incidence me laisse perplexe…
Tous les jours le même nombre de personnes à cette heure ci, tous les jours un petit bus, alors qu'en revanche, une heure après environ, à laquelle il n'y a presque personne, est mis en service le bus double à accordéon… Les statistiques, si elles existent, montrent leurs limites !
Mais laissons là le bus, et revenons là où nous en étions.

Je descendais du bus, comme d'habitude, en marchant direction la gare juste derrière ce type habillé en marron, que je voyais tous les jours depuis un an prendre le même train que moi, sans que nous ne nous soyons jamais adressé la parole.

Arrivé à l'entrée de la gare, je m'approche comme tous les matins de l'équipe de distributeurs de périodiques gratuits, au nombre de trois, qui vous tendent votre journal du matin d'un geste mécanique rappelant la cadence frénétique d'une machine à billets...
Et comme de bien entendu, il est pour moi impératif de recueillir les trois quotidiens, de cet asiatique souriant, de cette petite brune discrète, et de ce troisième larron dont je me souviens juste que c'est un homme plutôt brun et mince, sans arriver à visualiser son visage…
Je serai plus attentif demain.


Il me restait encore une vingtaine de minutes avant le départ de mon train, de quoi simplement s'occuper à feuilleter les différents magasines du petit kiosque à journaux.

L'heure du départ approchant, je me suis décidé à m'avancer en direction du quai de départ de mon train, on ne sait jamais, des fois qu'il serait à l'heure…

Et, ovation, il était à l'heure…
Il y a des évènements qui imposent le respect.

De surcroit, la Compagnie du train s'est mise en phase avec l'heure d'été, en permettant à ses passagers, qu'elle chouchoute, de poursuivre leurs songes de la nuit passée

Il n'y avait en effet pas de lumière dans les wagons…

Nous sommes donc partis ainsi, à l'heure, mais tous feux éteints, à la seule lueur du jour nouveau. Parfois même, dans le noir le plus complet lorsqu'il s'agissait notamment de franchir des tunnels comme ceux traversés sous le pont d'Aquitaine, au nombre de quatre…

Et dire que j'avais pris trois journaux périodiques que je ne pouvais même pas lire dans l'obscurité !
J'ai tout de même résisté à ce sommeil imposé tel un couvre-feu, et suis parvenu à la longue à venir à bout de mes journaux, le jour aidant…
Je lisais une chronique assez importante sur l'écologie, le marché du bio etc...
Et pensais à mon train à mécanique diesel.

C'est alors que la réponse aux questions que je me posais sur la suppression des lumières dans le train m'est apparue beaucoup plus clairement !

Tous mes respects à la Compagnie, qui s'est de nouveau surpassée dans la qualité de son service, axé semble t-il sur des considérations écologiques reposant sur les préconisations à suivre en matière d'économie d'énergie.

Le bio-train était déjà sur les rails, et j'étais le témoin privilégié de cette révolution, avant-gardiste, par ailleurs, puisque le train en cause datait des années 70 !

Mais j'apercevais une ombre dans la nuit.

Le "stranger in the night" qui me tira de ma rêverie n'était autre que le contrôleur de la Compagnie.
Et je réalisais alors que la bio – attitude dont je me réjouissais quelques instants devait être en fait une …panne…

Le Train, c'est pas si mal...

Cela fait quelques jours que je prends la voiture (cause de réunionite aigue ! ) et je me dis que le train ce n'est pas si mal que ça. Bon d'accord, en voiture, je peux écouter la chronique de Canteloup le matin à 08h35 sur Europe 1. A part de cela, je trouve la route longue ....
Au moins, dans le train, on trouve toujours un compère à qui parler au train de 17h38 ou celui de 18h18, on lit Sud-Ouest, on écoute de la musique, bref ... toujours quelque chose à faire ! Et en plus, on n'a pas à faire attention aux 2 radars automatiques !

lundi 30 mars 2009

Une gare trop petite.


A l'heure, matin et soir. Mais pas à Saint-Sulpice-Izon.
La version longue suit.

Oui le train était à l'heure ce matin, mais pas pour tout le monde, du moins de justesse.
Je sais pas comment les choses s'organisent pour le chauffeur et le contrôleur, quels points de repère ils ont pour savoir quand s'arrêter à telle ou telle gare. Sachant que toutes les gares ne sont pas toujours desservies, selon les heures.
Prenons par exemple Saint-Antoine-de-Breuilh. C'est pas une gare, je crois qu'ils appellent ça une halte. Un abri-bus planté entre le fossé et la voie ferrée. Avant cet été, il n'y avait même pas l'abri-bus, juste des cailloux. Je me demande d'ailleurs si cet aménagement ne sert pas plus de point de repère, un amer destiné au cheminot, plutôt que d'abri à l'éventuel voyageur. Beaucoup d'entre nous ont vécu ou ont entendu parler d'une fois où le train ne s'est pas arrêté à cette gare.
Je me souviens même d'une fois où le train s'est arrêté, comme il se doit, et les petits sont descendus pendant que le contrôleur annonçait "nous sommes arrêtés en pleine voie, pour votre sécurité veuillez ne pas descendre du train". J'ai vu par le fenêtre passer un type que j'ai identifié comme étant le chauffeur, rapide mise au point avec le contrôleur et nouvelle annonce "mesdames et messieurs, Saint-Antoine-de-Breuilh".
Ce matin, c'est Saint-Sulpice-Izon (et non pas Saint-Suplice) qui a été oubliée, alors que la gare dispose d'abris et même d'affichages lumineux. J'ai vu passer la gare au moment où la contrôleuse l'annonçait. J'imagine le chauffeur réaliser son erreur un peu trop tard (oh putain !) et tirer, pousser ou tourner la commande du frein. La gare était dépassée depuis peu, pas grand mal. Je sais qu'il y a un habitué qui descend là tous les jours. Je me demande s'il est descendu là, avec ou sans l'accord de la contrôleuse.
Je me demande si j'aurais osé le faire ou bien si je serais descendu au prochain et demandé qu'on vienne m'y chercher.
En tout cas, le train n'est resté arrêté que quelques minutes, en gros le temps qu'il aurait pris à quai.

vendredi 27 mars 2009

Des dangers du petit déjeuner au lit.


A l'heure, matin et soir.

J'ai pris une habitude, il y a une ou deux semaines. Damien arrive toujours un peu limite, le soir à la gare. Comme j'arrive en général bien avant lui, je surveille la signalisation sur la voie. C'est une petite gare, pas de toilettes, pas d'annonce par haut-parleur. Mais on a des guichetiers, c'est déjà ça. Bref, quand le feu passe au vert, annonçant l'arrivée proche du train, je lui envoie un message "c'est vert". Je me suis décidé à lui envoyer ce message parce qu'un jour où le train était non seulement à l'heure, mais une minute en avance, Damien comptant sur un habituel léger retard, a raté le train. Et moi j'ai culpabilisé parce que je me disais qu'il y aurait peut-être eu quelque chose à faire, sans savoir quoi. J'allais pas me coucher sur les rails... Et puis ne le voyant que le soir, il pouvait très bien être en voiture et ne pas être concerné par le train ce jour-là, je crois qu'on n'aurait pas aimé que je fasse attendre le train (à supposer que ce soit possible). En plus, je me souviens qu'il y avait Mylène Farmer vieille dans le train ce soir là, j'étais encore plus désolé que le fan qu'il est ne la voit pas.
Bref.
Je parlerais bien de quelqu'un d'autre mais Damien est le seul régulier du soir. Speedy-Solène prend généralement le train suivant, quant à Sophie c'est une régulière du matin (mais là je dors) et le soir elle fait souvent des heures sup. Autrement dit ça limite les histoires et Damien sera ma cible, aujourd'hui encore.

Une histoire en 3 actes.
Acte 1. Damien et Bernard.
Mercredi, il me raconte que le matin même, contrairement à son habitude, il ne s'est pas levé tout de suite au moment où le réveil sonnait. "J'ai coupé la sonnerie et je me suis accordé 2 minutes". Je lui ai fait part de mon expérience de la chose : on s'autorise 5 minutes au chaud sous la couette et on se réveille une demi-heure plus tard. Ce matin là, il a eu son bus (de justesse) et son train.

Acte 2. Damien et Bernard
Entre Déborah.
Jeudi soir, il me raconte que sa copine Déborah s'est réveillée en même temps que lui. "Tu veux ton petit déjeuner au lit ?" Il répond oui. Le voilà frais et reposé, en avance pour son bus. Un petit matin en sifflotant.

Acte 3. Bernard
Entre Sophie.
"Il travaillait pas Damien aujourd'hui ?
- Si mais il est venu en voiture, il a raté le train ce matin."

Le rire de Sophie est inimitable.

Beaucoup de bruit pour rien...


Aujourd'hui, je n'ai pas pris le train. Je suis descendu trop tard de chez moi pour attraper un bus qui m'amènerait à temps à la gare.

Du coup, ce soir, Bernard pourra dormir dans le train, pour rattraper tant bien que mal quelques instants de ses heures de sommeils perdues...

C'est vrai qu'il m'est difficile de pouvoir trouver une quiétude suffisante me permettant de me reposer, du fait notamment du monde présent, du bruit du train, de ses secousses, des collégiens de Saint Antoine de Breuilh, ou encore de l'odeur prenante du pâté garnissant le sandwich de ce couple de (certainement) retraités, montant à Vélines ; ledit sandwich-pâté dégusté mécaniquement et systématiquement à la seconde où le train à franchi le passage de la gare d'arrêt de Libourne...

Alors ne pouvant dormir, je discute, avec Bernard le plus fidèle au poste pour le trajet du retour...

Je l'avais repéré depuis bien longtemps, Bernard, avec ses cheveux aussi long que sa barbe de trois nuits, et quatre jours ; il était là tous les jours, ou presque, le plus souvent plongé dans son livre, Harry Potter, ou autre d'ailleurs, assis dans un tout petit coin du train, comme s'il craignait de déranger quelqu'un...
Il me paraissait à tel point isolé, comme transporté dans l'univers onirique de sa lecture, que je n'osais même pas lui dire bonjour.
Mais un jour, accompagné de Solène et Sophie, qui l'avaient déjà rencontré auparavant, nous avons voyagé ensemble, puis avec Alexandre au quotidien, pendant un temps...
Il parlait peu Bernard au début.
Et maintenant ?
Il parle toujours peu ; mais se livre parfois à des tirades sur tel ou tel sujet qu'il maîtrise, ou qui l'intéresse (souvent plus ou moins underground, ce qui rend le débat d'autant plus intéressant, ou plus extrême !).
Ce qui est sûr, c'est qu'il est assez prolixe de sa plume numérique, en postant assidûment ses articles sur le présent blog...
Je le pensais timide, mais en fait, pas tant que ça.
Je dirais plutôt discret, avec un sacré caractère tout de même.
Pas forcément facile de tout comprendre, mais peut-on toujours tout comprendre ? surtout sur quelqu'un... Ce serait sur personne encore ; car personne ce n'est rien ! (Oui je sais, RoBERT l'a déjà dit...).
Mais j'ai appris pas mal de chose à son contact, rien qu'avec sa culture cinématographique, nous pourrions tenir les conversations de tous les trajets de l'année !
Du reste, c'est lui qui m'a converti à l'écoute de RoBERT (la chanteuse, afin d'expliciter, pour les encore profane qui ne seraient pas allé voir les liens du blog). J'en ai même fait le déplacement jusqu'à Paris pour l'admirer lors d'un concert.
Cette seule découverte suffit pour ne pas avoir à regretter le temps passé dans le train.
Peut-être qu'il y a beaucoup de temps perdu, mais il en ressort des moments riches tout de même. On échange des idées, on réfléchit même parfois un peu. On rigole, on somnole.

Il arrive aussi que l'on se marre bien fort.
De quoi presque concurrencer les décibels dégagés par le groupe des petits de St Antoine de Breuilh...
Bernard dormirait moins désormais ; car même lorsqu'il est très fatigué, avec des boursouflures sous les yeux descendant jusqu'au bas du visage, il s'efforce de suivre poliment ma conversation, plutôt que de me dire de me taire !
Heureusement, il lui reste le trajet du matin pour continuer à chavirer dans les délices de la nuit, en faisant abstraction du Ding Dang Dong du réveil matinal, contre lequel s'insurge Constance Verluca.

Et puis hier soir, il y avait Sophie. Avec Sophie, on rigole souvent fort (en volume sonore)...
Alors dormir dans ces conditions, pas question !
On la voyait moins, ces derniers temps Sophie. Je ne pouvais même plus la taquiner et la faire ainsi partir au quart de tour dans des torrents de protestations explosives...
N'oublions pas qu'elle est bien connue des services de la Compagnie du train, pour qui elle apparaît comme une opposante irréductible qu'il convient de traiter avec méfiance.
Elle est en effet particulièrement crainte en gare de Libourne, dans laquelle sa seule présence physique impose le silence ; elle bénéficie d'une mise à sa disposition spécifique d'infrastructures, comme un téléphone à usage privé pour prévenir son employeur de ses retards répétés, dus aux déficiences de la Compagnie...
Peut-être Sophie viendra t-elle d'ailleurs nous narrer les circonstances dans lesquelles elle est parvenue à acquérir ce statut imposant le respect, au terme d'un rapport de force sans précédent...
Il faut dire que Sophie, elle ne se laisse pas faire ! Faut pas l'embêter, sinon, il faut se préparer à affronter le sirocco de son agacement...
Avec Sophie, on passe nos trajets à rigoler sur un fond de discussion ou diverses railleries les plus incohérentes, le tout, plus ou moins bruyamment.

A tel point que nous allons finir par exceller dans la nuisance sonore dégagée, dépassant même le volume émis par les gamins de St Antoine, pourtant conjugué au bourdement sourd des vibratos du moteur diesel du train.
Mais peu importe, tant qu'on rigole...

jeudi 26 mars 2009

La tête en bas.


Le matin : 7 minutes de retard. J'avais le panneau d'affichage devant moi. Tout allait plutôt bien quand à l'heure du départ, le panneau s'éteint, indiquant que le train était parti. Sauf que j'étais assis dedans et que le train ne bougeait pas. 7 minutes, c'est pas grand chose mais un retard compte dans les statistiques à partir de 5 minutes. Voilà.
Le soir, à l'heure.

Damien est très inquiet de l'état général de nos trains, au niveau de l'hygiène. J'aurais même peut-être dû le laisser écrire ce post. Les rideaux, les sièges en tissus qui nous mettent dans le brouillard quand on tape dessus... Oui,tiens, quelle idée aussi de taper sur les sièges, forcément ils se rebiffent, comme le poulpe avec son encre.
Habitué et même amateur des transports en commun, ces choses là m'échappent. Celles là et beaucoup d'autres mais c'est une autre histoire. Ce que je veux dire c'est qu'à part le manque de respect manifeste des usagers envers le matériel qui les transporte, je ne réfléchis pas trop aux microcosmes qui se développent dans les tissus ou les faux cuirs. Je m'en inquiéterai quand ils seront évolué au point de vendre des encyclopédies.

Il n'est pas rare qu'on repose les pieds sur les sièges. Celui qui s'en fout garde les chaussures, après tout c'est un truc pour s'asseoir. Celui qui s'en fout un peu moins pose ses pieds chaussés sur son blouson, son sac, etc., parce que quand même c'est sale les chaussures. Celui qui a tout compris enlève ses chaussures garde les chaussettes.
D'après Damien, les chaussures sont un moindre mal. Il vaut mieux un peu de boue qu'on enlève d'un coup de brosse plutôt que... heu... ben ce que pourrait transporter un pied. Pire : deux pieds.
La terre ou les champignons.

Le gars sur la photo n'a pas rassuré notre ami Damien. Qui sait quelle créature hybride est née de la rencontre entre les choses du pied et les choses de la tête ? Qu'est devenu la personne qui a posé sa tête là ? Non sérieusement, on devrait peut-être porter des lingettes désinfectantes. Ou bien une housse bien à nous pour couvrir l'appuie-tête. On va quand même pas garder le bonnet tout le voyage même si certains matins d'hiver nous y poussent, faute de chauffage dans le wagon.
Le respect de chacun n'est pas le même pour tout le monde.

Le train, c'est chaud !


Depuis une quinzaine de jours, il commence à faire beau.
Le soleil brille, le ciel est bleu, l'été sera chaud, peut-on espérer.
Et la motivation s'améliore avec le soleil...
Pour parfaire cette sensation de plaisir estival, la Compagnie du train s'est efforcée de reconstituer durant le "voyage" le climat réunionnais que connaît bien Alexandre ; mais involontairement cependant, puisque le chauffage semblait bloqué en position maximale...
C'est du moins ce qui ressortait des propos de la contrôleuse en charge de notre bien-être corporel s'efforçant, en vain, de mettre la ventilation d'air frais.
Nous devions frôler la trentaine de degrés celsius à l'ombre des rideaux du train.
Ces mêmes rideaux tachés, et imprégnés de poussière, voire même de terre, ou autres substances non identifiables, mais douteuses quant à leur incidence bactériologique, que ce grand provocateur d'Alexandre faisait semblant de lécher, pour se moquer de mon dégoût face à l'état de saleté des infrastructures nous accueillant...
C'était drôle ; et sale à la fois (le rideau)...
Je me souviens que c'était l'été, qu'il faisait très chaud.
Ce matin, la Compagnie nous a permis de simuler cette sensation estivale, peut-être un peu trop brutalement (j'étouffais en chemise), mais peu importe, je m'endormais presque, détendu, et j'étais bien en fin de compte...

mercredi 25 mars 2009

Fallait y être, vous pouvez pas comprendre.


A l'heure, matin et soir.

Peu importe qu'on aime notre métier ou pas, de toute façon tout le monde ne partage pas cette opinion pour une raison ou une autre. Mais avoir environ 2h30 de trajet par jour, sans compter les retards, ça gâche la vie et à la longue la motivation en prend un coup. Je veux optimiser ce temps perdu, je lis, je dors, je vis dans le déni, bref je m'abrutis. Accompagné je perds des heures de sommeil, mais au moins la compagnie est bonne.
Je ne me souviens pas de ce qu'on s'est dit. Je me souviens du soir où j'ai rencontré Alexia. J'étais dans le sens de la marche, côté fenêtre, Alexia à ma gauche, Damien et Alexandre en face. Je parlais, ce devait être une conversation sérieuse. J'ai tourné la tête et j'ai vu qu'elle me regardait. Elle avait l'air attentive, avec son expression à la Julia Roberts, toujours sur le point de sourire. Je me suis dit, ça alors, elle m'écoute. Après coup, je me suis dit que peut-être elle se moquait un peu de moi, qu'elle me trouvait bizarre.
Je me souviens pas des dates. Je me souviens que Damien nous intriguait, moi en tout cas, qui ne le voyais que le soir. Son obsession du bio, justifiée pourtant. Ses connaissances pointues sur plusieurs sujets sans lien les uns avec les autres et la musique en particulier. C'est lui qui m'a indiqué la chanson de Katerine à propos de la petite famille du train, pour illustrer ce blog. Imaginez donc ce grand gars, pas gros du tout, bien habillé, clamant NTM. Dans ma benz benz benz. Fallait y être. Déjà à l'époque on s'était dit qu'on aurait dû le filmer.
Ses craintes de l'internet, les cartes bleues. Les questions qu'il posait à Alexandre, comme un gosse à son père (je veux dire une grande personne, une qui sait), à propos de l'électricité, de mécanique, où de l'internet justement.
J'écoutais, je maîtrisais rarement le sujet autant qu'Alexandre, mais les fois où les connaissances m'ont manqué, je ne me posais même pas les questions qui semblaient tout à coup importantes à Damien. Un drôle de gars, Damien, qui impose plusieurs heures de pratique avant de savoir quoi penser de lui. C'est pas tout à fait juste, je sais toujours pas quoi penser de lui. J'ai juste compris qu'il joue au provocateur et qu'il est loin d'être imbécile. C'est l'image de lui que j'ai maintenant : vaguement provocateur quand le public est là, et très bavard (cf. la longueur de ses premiers posts). Quand je dis le public, comprenez les filles, moi à mon âge, plus rien ne me choque.
Alexandre m'a donné un des plus gros fous rires de ma vie. C'est comme les grosses colères, y'en a pas eu beaucoup alors je m'en souviens. Ça lui a pris 2 secondes, un air de gosse qui joue avec les rideaux et fait mine de se lécher le doigt. Non vraiment, fallait y être.
On parlait d'un peu de tout. Nos boulots, en termes plus ou moins techniques, nos vies, nos espoirs, nos attentes, nos histoires. Des sous-vêtements noirs sous les t-shirt blancs. Qui baillerai le premier, qui suivrait.

mardi 24 mars 2009

Voyageur ? Vous avez dit voyageur ?


Le matin, à l'heure.
Le soir, un peu moins de 10 minutes de retard.

J'ai commencé à prendre quelques photos. Elles sont pas top, faut que je prenne mes marques, les bons réglages de l'appareil, que je trouve la bonne place et que je me tienne prêt pour les endroits que j'ai envie de photographier. Je mitraille, tout n'est pas bon, mais je désespère pas d'avoir une photo pas trop moche, à la longue.
Saint-Emilion, Damien nous a fait asseoir du mauvais côté, j'ai du zoomer à travers la fenêtre d'en face...


Le pont d'Aquitaine. J'étais pas prêt.


Couché de soleil sur la Garonne. Un peu par hasard, mais je l'aime bien celle-là.


J'essaierai de prendre les vignobles que Solène vante dans son message. Je veux dire, prendre la photo n'est pas compliqué, que le photo soit jolie c'est plus dur.
A force de me comporter comme un touriste, je vais finir par l'aimer ce trajet quotidien...

lundi 23 mars 2009

Les voyageurs anonymes.


Le matin, à l'heure.
Le soir, 10 minutes de retard au départ, 20 à l'arrivée. Pas d'explication sinon que "la signalisation nous impose un arrêt en pleine voie".

Bonjour, je m'appelle Bernard et je prends le train.
(Bonjour Bernard)

Nous n'avons pas tous le même point de départ et si certains d'entre nous descendent à la même gare, personne n'est le collègue de personne. A part peut-être les trois nouveaux. Il faudra peut-être les aborder avant qu'ils deviennent une bande rivale et que ça tourne à la guerre des gangs...
Nous prenons ce train par obligation. Le boulot à un bout de la ligne, le dodo à l'autre bout. Les faiblesses de ce train que nous prenons alimentent nos conversations et dans certains cas, ont provoqué la rencontre.
Le tatoué de Saint-Emilion que j'ai abordé un matin où il avait neigé. Un gros retard et on nous baladait d'une voie à l'autre, comme pour nous réchauffer en nous obligeant à bouger, ou bien pour nous faire patienter en donnant l'impression que quelqu'un avait l'affaire en main.
Un grand type, qui lit des magasine d'art et de jazz et qui porte un bonnet péruvien, avec les machins exprès pour protéger les oreilles.
L'inconnue blonde, que je voyais matin et soir, avec qui je n'ai pratiquement jamais eu de contact, sauf de rares saluts de loin. En février 2008, on nous supprimait un train par semaine, on s'est parlé pour la première fois à ce moment là mais étant aussi sauvage que moi, nous ne nous sommes jamais assis côte à côte. Nous n'avons passé qu'un seul trajet ensemble, le train avait 10 minutes de retard ce matin là (mercredi 25 février 2009) et c'est elle qui me l'a annoncé avant d'ajouter que c'était son dernier jour en train. Il était bien temps de faire connaissance. Mais grâce à elle, certaines infos ont circulé.
Le monsieur barbu de la poste.
L'éducateur à vélo.
Les professeurs, dont certains changent d'une année sur l'autre. Qu'on reconnaît parce qu'ils corrigent leurs copies dans le train, ou tout simplement parce qu'ils disparaissent pendant les vacances scolaires.
Le monsieur trop bien habillé pour être un professeur.
L'institutrice qui s'inquiétait au soir de son premier lundi et nous a demandé à Alexandre et moi si le train était toujours aussi bondé.
Les écoliers, bien sûr, qu'on ne peut ignorer sans boule Quiès, et encore.
Le couple Sandwich Pâté, qui monte en première classe et qui casse la croûte dans le train. A heure fixe, après Libourne.
La femme aux cheveux rouges, qui rejoint 2 autres passagères.
Une femme avec un vélo à sacoches. Ciré vert, gilet jaune fluo de sécurité et bonnet noir. Même en ce moment où il fait plutôt chaud le soir.
Un homme qui m'a-t-on dit « travaille dans le social ».
Une femme qu'on ne voit plus, aux vêtements moulants et colorés, qui récupérait les journaux dans les poubelles et avait l'air de se soulager derrière un bâtiment de la gare parce que les toilettes ont été fermées définitivement pour cause de vandalisme régulier. Quand faut y aller, faut y aller.

Autant de points de repères qui nous assurent qu'on est monté dans le bon train.

samedi 21 mars 2009

No one's coming to save you.


On peut passer des heures dans le train, parcourir des kilomètres, tous les jours, on ne s'éloigne jamais de soi.
C'est pas un voyage, ni une aventure. Ça l'était, au début. En été. Maintenant, la fatigue s'ajoutant à la routine, c'est comme regarder la télé pendant le repas. Deux actions contradictoires qui à la longue font de nous, de moi, des abrutis. Le cerveau éteint, la volonté ramenée à l'instinct animal. Manger, dormir, jouer. Le reste, qui impose l'interaction avec d'autres, nous ramène à la conscience de soi. Pas de train pour ce retour là. Et l'homme à qui on propose de s'exposer préfère laisser la place à l'animal. Un ours en sécurité dans sa grotte. Ça ne le rend pas plus heureux mais c'est plus simple.
Prendre le train n'est pas vivre.
Ce n'est pas non plus une excuse.

L'humeur du jour par mes idoles du moment.



En concert au Sentier des Halles, à Paris, les 12, 14 et 15 mai 2009.



En concert le 17 avril 2009 à DUNKERQUE (59) et le 18 avril 2009 à COMINES (59 aussi).

vendredi 20 mars 2009

La flemme du vendredi soir.


Le matin, à l'heure. Le soir, 7 minutes de retard.

Je mets des trucs dans mon carnet, je prends des notes, histoire de pas être pris au dépourvu chaque soir venu.
Le vendredi soir, c'est bien, j'ai le temps, je peux réfléchir.
Mais je prends le train tous les jours. Maintenant en plus, j'en parle.
Ça tourne à l'obsession cette affaire...
Alors vendredi, je traîne, j'écris pour rien.
Na.

Vive les blogs !


Et oui, ce matin que de bonheur d'être arrivé à l'heure et avec ce beau temps ! Nous avons parlé avec Bernard et n'avons pas profité de cette belle journée pour regarder les paysages. C'est vrai que l'on ne les regarde pas beaucoup alors que les vignobles de St-Emilion sont exceptionnels ! Encore plus beaux la nuit avec les châteaux qui sont éclairés !

jeudi 19 mars 2009

Le fantôme des grèves passées.


Grève. En voiture.

Avant l'arrivée de sa petite, Marie nous avait fait remarquer que les jours de grève, au moins, les trains étaient à l'heure. Quand il y en avait.

J'ai beau dire, bien sûr que je suis solidaire.
Combien d'entre nous sont satisfaits de leurs conditions de travail ?
Qui n'est pas inquiet de la suite ? Perdre son boulot, un loyer qui augmente inexorablement et plus régulièrement que le salaire.
Je pourrais être propriétaire. Mais c'est une grosse somme quand même.
Et quelles sont les garanties ?
La trouille, la colère, bien sûr que je suis solidaire.
S'exprimer, marcher un panneau à la main, c'est un privilège. (Entre parenthèses, à propos de la liberté d'expression, voyez ce qu'en a fait le pape en Afrique...)
Il faut bien se faire entendre. J'étais très indulgent, avant, quand je ne prenais pas le train. A Montpellier, je n'ai jamais souffert d'aucune grève, j'ai supposé que les bus s'arrêtaient de circuler après les heures de pointe. Du coup, j'étais compréhensif sans effort.
Aujourd'hui, les grèves sont tellement fréquentes qu'elles ne sont qu'un incident de plus dans l'organisation de la Compagnie du Train qui Nous Transporte (notez bien les majuscules, quand j'en aurais marre d'écrire les mots en entier, ça deviendra CTNT).

Alors bien sûr que je suis solidaire.
Mais je n'aime pas être privé d'un service qui n'est déjà pas brillant et qui tient une place si importante dans ma vie.
Alors si quelqu'un de la Compagnie du Train me le demande, je nie tout en bloc.

mercredi 18 mars 2009

Le cover-boy du mois.


Le matin, 5 minutes annoncées au départ. Arrivé à l'heure.

Le soir, à l'heure.

J'aime pas critiquer les gens qui travaillent. Ni les gens en général, qu'ils travaillent ou non. Les vêtements, les opinions, le style de vie, les caissières, les fonctionnaires, ne m'importe que le respect mutuel. S'il m'arrive de lever le sourcil, disons que je me retiens d'exposer mon jugement.
Je ne connais pas votre vie, par quoi vous êtes passé, ce que vous vivez en ce moment, votre niveau de fatigue, l'influence sur votre état nerveux. Ce ne sont pas les excuses qui manquent pour chacune de nos erreurs ou faiblesses momentanées. J'essaie d'avoir ça en tête quand je me trouve face à une situation qui me trouble.
Je suis comme le Dalaï-Lama, en moins souriant.
Le seul comportement qui me pose problème est celui qui m'envahit. Les gens qui s'approchent trop près pour parler, ivres, bruyants, me dérangent. Ces gens là, de mon point de vue, choisissent de nous casser les pieds. Je veux bien admettre qu'il y a une raison profonde à ce choix, mais vraiment les gars, vous me cassez les pieds.
En plus il faut savoir que je ne touche pas les gens. Je serre la main aux garçons, je fais la bise aux filles, ça s'arrête là. Non, Damien, ce n'est pas par peur des germes...
La seule exception étant l'unique personne avec qui je partage mon intimité. Unique dans le sens chacun son tour.

Mais revenons à notre cover-boy.
J'ai pas spécialement envie de le connaître mais il y a forcément une explication au fait qu'il vienne au boulot aussi frais qu'un baba au rhum. Sinon on peut considérer qu'il est à la mode : c'est fou le nombre d'ados (et pas seulement) qui ont le pantalon à la moitié des fesses, pas toujours couvertes d'un caleçon.
Solène voulait l'adresse du service de réclamation de la Compagnie. Le guichetier a d'abord répondu qu'il ne l'avait pas, puis, accompagné d'une collègue il est allé fouiller dans une armoire derrière lui. Il a fallu qu'il se penche.
En nous montrant ses fesses, le gars a plutôt bien résumé l'intérêt qu'il portait à la question. Je crois que ça nous aurait posé moins de problème, à Solène comme à moi, si les fesses avaient été plus jolies... Qui aurait cru que la Compagnie du Train qui Nous Transporte redéfinirait l'érotisme ? Décidément, elle est là où on ne l'attend pas. On aurait préféré qu'elle soit là où on l'attend...
Finalement, il est revenu avec une grande enveloppe libellée à l'adresse en question qu'il a indiquée du doigt, invitant Solène à la recopier à travers la vitre.
Il me semble que le train était en retard ce soir-là, et l'état du guichetier lui a permis de nous l'annoncer sans crainte, dehors, sans la protection de l'hygiaphone.
Mais j'aime pas critiquer les gens qui travaillent.
Solène était apparemment plus choquée que moi. C'était en février, Damien était en vacances et c'est Solène qui a eu l'idée de lui envoyer la photo, j'ai juste été plus rapide à sortir le téléphone. Oui j'accuse. Personne n'est parfait.
Je suis moi-même un ouvrier, il m'arrive d'être dur et impatient avec mes collègues et je suis loin d'être un modèle d'élégance. Je veux dire que je ne suis pas parfait mais je ne montre mes fesses qu'à ceux qui le demandent et quand la situation s'y prête (tu me montres les tiennes, je te montre les miennes, si je veux).
Est-ce que je suis trop sérieux ?

Levons le poing sur les barricades !!!


C'est confirmé.
Demain, LA grève.
Laquelle d'ailleurs ?
Qu'a t-elle de particulier par rapport à celles qu'on subit avec une constance rituelle ?
Les grèves du début, j'en connaissais les motifs.
Là, je ne cherche plus, puisque cette grève sera démodée avec la prochaine de dans deux mois au plus, certainement...

Je ne me sens pas véritablement concerné par cette grève, si ce n'est qu'elle va me coûter une trentaine d'euros de carburant, vu que je vais devoir prendre ma voiture si je veux aller travailler.

Je vais payer pour permettre à un groupe déterminé de défendre ses intérêts particuliers.

Je vais payer, et m'embêter pour aller …travailler…
Payer, et prendre des risques. La route est dangereuse. C'est une route de campagne longue, sinueuse et meurtrière.
Bernard et moi allons peut-être mourir en héros pour les membres de la compagnie du train ?!

Mais les grévistes qui alourdissent mon budget pour améliorer leur condition, vont-ils également lutter en faveur des injustices sociales subies dans la cadre de ma profession de salarié de boîte privée ?

Non, je ne pense pas.

Pourtant, je suis témoin dans mon secteur de licenciements, de sous-rémunération, d'heures supplémentaires jamais rémunérées, mais nécessaires…
Des motifs de revendications en somme…

Mais je vais travailler.

Pourquoi ?
Parce-que comme Bernard s'en accusait dans son article précédent, je suis un crétin sans doute.
Ou bien aussi parce que revendication, dans notre milieu, ça veut dire licenciement, et grosses difficultés pour retrouver du travail pour celui qui fait des vagues, car dans mon travail, tout se sait…

Donc, ironie du sort, je ne peux défendre poing levé ni ma cause ni celle de ceux qui sont dans mon cas ; mais je vais tout de même payer pour les privilégiés qui peuvent se permettre de lutter pour eux même.

La grève, phénomène social de solidarité ? ou machine de défense des intérêts privés de certains ?

En tout cas, moi je serai solidaire, que je le veuille ou non, en payant pour aller travailler, et en payant pour permettre à ceux qui ne le veulent pas, de ne pas …travailler…
Cocasse tout de même…

Je disais ne plus chercher à m'intéresser sur les raisons, si tant est qu'il y en ait de nouvelles, de faire la grève.
Ca peut sembler égoïste, anti-social, ou autre, mais tant pis.
Je suis trop usé d'en subir les conséquences pour me sentir impliqué dans les revendications.
Et puis, j'ai participé à ma manière : J'ai payé, et j'ai galéré !

La seule chose, c'est que les usagers qui sont les premiers ennuyés ne sont pas ceux qui peuvent résoudre les problèmes…

Au moins, il n'y aura pas de problème dans l'exécution du service, puisqu'il n'y aura pas de service du tout.

Quoique…

Pas tout à fait !

Il est mis des bus de substitution à notre disposition !!!

Oui. Mais pour le matin, il n'y en a qu'un seul : A 5 h 20 du matin ; arrivée au travail 6h30 !
Mais il n'y aura certainement pas de remboursement, puisqu'un service minimum est considéré comme assuré !

Bien vu la Compagnie !

mardi 17 mars 2009

La grève idéale.


A l'heure, matin et soir.


Quand je pense à jeudi, je frémis.
Je suis pas le mieux placé pour discuter de la grève. Je connais pas leur motivation, ni leur situation réelle. Et puis j'ai du mal à me sentir concerné : ma seule contribution à leur confort, c'est le prix de l'abonnement que je paye chaque mois. Pourtant, aux grèves d'hiver et celles du reste de l'année, je me retrouve obligé de trouver une solution alternative à un service que je paye.
Pour moi c'est co-voiturage avec Damien puisque le service minimum ne compense pas le service aux heures de pointe standard. Au cas où tu te poserais la question, oui Nico, je la vois bien la grève.

Une solution qui est souvent proposée : laisser les trains circuler normalement ce jour là, histoire de permettre aux gens d'aller travailler, mais sans être contrôlé, genre service gratuit pour quelques heures.
Argument contre : c'est illégal.
Bon, d'accord.
Mais il peut se passer plusieurs jours sans qu'on soit contrôlé. On entend le contrôleur annoncer les gares (et encore) mais on le voit même pas. C'est légal ça ?
S'il le fait les jours normaux (un concept déjà bien compliqué) pourquoi pas les jours de grève ?
Mais bon, je suis qu'un crétin qui n'y connait ni n'y comprend rien.

Je me demande si tous ces incidents (grèves, retards, pannes, suppression du train) ne sont pas un moyen de nous obliger à trouver une solution alternative à la Compagnie du Train. Ou peut-être une des raisons de la baisse de la fréquentation qui met notre ligne en danger. Sauf si ce danger est une légende urbaine locale...
Une manière de se débarrasser de nous, petit à petit.

Note : je parle de baisse de fréquentation d'après des observations personnelles. Depuis la rentrée, pas une seule fois nous n'avons été obligé de voyager debout sur la moitié du voyage. Et non, les trains ne sont pas plus longs.

Happy end ?


Lundi 16/03/09 – train de 17h39 :
20 minutes de retard ; du moins pour ceux qui vont à Bordeaux, car comme bien souvent, les correspondances en Gare de Libourne, en direction de Paris, ou Angoulême n'ont pu être assurées à l'heure.
Pour Paris, les passagers ont du prendre un train arrêté exceptionnellement à Libourne, qui arriverait une demi heure plus tard.
Pour Angoulême, les passagers ont reçu l'instruction de ne pas descendre à Libourne, mais de rester jusqu'à Bordeaux, ce qui leur a déjà rallongé le trajet de 20 minutes… x 2 = 40, puisqu'ils ont dû prendre un train partant beaucoup plus tard de Bordeaux, et donc refaire Bordeaux – Libourne dans l'autre sens…
En plus, dans la petite gare de SAINTE FOY LA GRANDE, les contrôleurs comptaient les passagers qui montaient et descendaient du train ; pour semble t-il faire des statistiques conduisant à la suppression de certaines gares d'arrêt à ce qu'il se dit ; à suivre sur ce point...

Mardi 17/03/09 – train de 08h00 :
Le train a été annoncé avec 5 minutes de retard, puis 10 minutes…
La Compagnie a livré des informations "précises" sur la cause de ce retard : "Difficultés dans la préparation de ce train". (C'est vrai, la préparation d'un train soulève de nombreuses questions existentielles sur la sélection des wagons ; difficile choix, en effet, ils ont voulu nous ménager en ne mettant pas les plus vieux trains ; ils ont mis la génération suivante, âgée de seulement 25 ans !)
Il est finalement parti avec 13 minutes de retard.
Ouf, les dégâts ont été limités !
A l'arrivée, plus que 7 minutes de retard !
Le train a certainement frôlé le mur du son pour arriver à ce résultat !
On s'en tire plutôt pas mal ; les retards pour "difficultés dans la préparation du train" qui se sont produits à une cadence hebdomadaire ces derniers temps, se soldaient en principe par un retard de 30-40 minutes environ !
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Les rumeurs de suppression de gares d'arrêts vont bon train…
Pour la plupart de ceux qui prennent le train pour travailler : plus de train = plus de travail…
Logique, car s'ils pouvaient venir autrement, ils le feraient sans doute !
Car le train, c'est vraiment la solution finale !
Le recours ultime, quand on n'a pas d'autre choix.

Pas d'autre choix pourquoi ?

- Parce que la distance du lieu de travail par rapport au lieu d'habitation est telle que la voiture est trop chère et trop dangereuse ;

- Parce qu'on n'a pas de voiture, ou pas le permis de conduire…

- Parce que notre travail se situe (très) loin de notre lieu d'habitation, et que déménager plus près de son lieu de travail n'est pas si simple : logement difficile à trouver ; et surtout problème quand le lieu de travail n'est pas une villégiature de rêve et que vous avez autant envie d'y vivre que de vous pendre…
Monsieur Bernard pourrait d'ailleurs nous livrer, s'il le souhaite, son expérience de vie à la campagne !

De nombreuses raisons condamnent ainsi inéluctablement à s'en remettre à la Compagnie du train…
Et oui, il faut s'y résoudre :
Ma vie est actuellement gérée par la Compagnie.
Je dépends désormais d'elle.
J'ai remis mon sort entre ses mains du jour où j'ai acquis ce petit billet cartonné d'abonnement mensuel, scellant le contrat d'adhésion (ou de mariage avec la compagnie), auquel je ne pouvais que souscrire, (ou pas), mais ne pouvais avoir aucune incidence quant au contenu.

Ainsi, lorsque la compagnie décide purement et simplement de ne pas honorer ses obligations contractuelles, en supprimant soudainement un train prévu, comme ce sera le cas certainement jeudi dans le cadre de la traditionnelle et incontournable grève bimestrielle, il faut s'organiser pour arriver à gagner son lieu de travail…

Et ce d'autant plus qu'à côté de la classique grève institutionnelle, il y a d'autres incidents parmi lesquels on peut citer notamment :

- les pannes de trains, entraînant leur suppression radicale.
- les retards sans motifs ou aux motifs obscurs, du style : "En raison de difficultés dans la préparation de ce train (Pour un train qui est sensé partir au même endroit depuis des années, à la même heure, c'est vrai qu'il doit y avoir tout un tas d'imprévus totalement inédits à gérer, constituant lesdites difficultés…) , le train partira avec une retard de …5 - 10 - 20 -30 – puis 40 minutes de retard environ" entraînant au final la suppression du train, ou un retard finalement dépassant les ¾ d'heure.

Des incidents exceptionnels (comme la fois où cette gare avait été incendiée…) pourraient se comprendre, et seraient à minimiser.
Mais lorsque la récurrence de ces impondérables plus moins importants affecte un trajet sur deux, on ne peut que constater que la Compagnie du train devient la baguette magique de votre tranquillité ou à l'inverse de votre calvaire au quotidien.

La Compagnie est même devenue le métronome de mon niveau de vie (d'un point de vue financier), étant donné que je suis amené à prendre ma voiture certains jours où le service étant particulièrement déficient, il n'y a pas d'autres choix si je veux aller travailler à une heure décente.

Et l'essence, c'est cher.
Cela induit en moyenne un supplément d'une centaine d'euros pour les trajet mensuels, venant s'additionner à la centaine d'euros de transport facturé par la Compagnie, que le service soit assuré ou pas.
Sans compter la trentaine d'euros mensuelle pour prendre le bus qui me conduit jusqu'au train tous les jours…

Ces quelques lignes me laissent peut-être entrevoir une solution :

Laisser la conscience professionnelle entre parenthèses ; trouver une raison quelconque de faire grève les mêmes jours que les employés de la Compagnie du train, pour ne pas être victime de la suppression du transport que j'ai payé (un motif ne doit pas être trop difficile à trouver ; au sein de la Compagnie, qui devient une nouvelle source d'inspiration, ils en ont toujours un sous la main !)

Mais j'oubliais que dans mon secteur d'activité touché par la crise, une grève pouvant être fatale à ma boîte conduirait à la porte pour …motif économique ou autre…

Et sans fantasmer que la compagnie puisse aller jusqu'à me rembourser les frais d'essence engendrés par l'arrêt soudain du service, il pourrait au moins être fait un remboursement prorata temporis des jours où les trains ont été touchés par la grève.

Mais il n'en est rien, car il est argué qu'un service minimum est assuré …par des bus de substitution…
Or, j'ai acheté un billet de train, pas de bus !

La différence ?

Entre 1h et 1h30 et trajet en plus…

Et on dit quoi au travail ?
"Désolé, mais vous savez ce que c'est …un petit problème avec la compagnie…"
"Oui, comme les 14 autres fois de ces deux derniers mois…"
Et de répondre pudiquement en haussant les épaules :
"Oui…"

Cas particulier des grèves exceptées, qui de la compagnie pourrait remédier aux dysfonctionnements et retards qui auraient pu être évités?

Certains employés semblent avoir conscience du calvaire quotidien des usagers, dont ils se sentent affligés, et impuissants, étant seuls confrontés à l'organisation générale (s'il en existe une) qu'ils subissent autant que nous…

D'autres à l'inverse, se sont révélés être de parfaits artisans faisant preuve d'un savoir-faire inimitable en matière de blocage !

A la manière de Jésus lors de la crucifixion, on pourrait être tenté de leur pardonner, ils ne savent pas ce qu'ils font (ou ne font pas !).

Ils ne doivent pas réaliser ce que subissent leurs victimes au quotidien… Ou alors, ce seraient vraiment des monstres !

En effet, s'ils devaient prendre notre place ne serait-ce qu'une quinzaine de jours, ils se sentiraient certainement honteux...
J'ose espérer qu'ils ne sont pas véritablement conscients de l'impact qu'ils ont sur des vies humaines.

Ils vous usent à petit feu.

Le rapprochement devient urgent… trouver un travail plus près… Pas si facile… Mais après, les années passent, on n'a qu'une vie, et faut-il la laisser se consumer le long des rails, "en pleine voie", ou sur un quai, au froid, en attendant que "les difficultés dans la préparation du train se dissipent" ?

Il vaudrait mieux trouver la force de réagir pour mettre fin à cette condamnation infernale.
C'est possible.
Peut-être même que cela ne viendra pas directement de notre volonté, mais de celle de la Compagnie qui nous transporte, qui se permettra de se passer de notre présence, en mettant fin à l'existence des petites gares dont la suppression nous condamnera à abandonner notre emploi...
Pour l'heure il faut résister, mais je saurai, m'arrêter, ainsi j'espère que les autre membres de notre petite troupe, qui n'en pourraient plus, avant que mon dernier train me ramène avec un masque à oxygène dans un asile d'aliénés...

lundi 16 mars 2009

A quoi ça sert d'être utile ?


Le matin, à l'heure.

Le soir, 20 minutes de retard. Mais un joli train.

Il y a des gens qui comptent les gens qui montent et qui descendent du train. Un institut de sondage pour le compte de la Compagnie du Train. Notre ligne serait-elle en danger ?
Non parce que, on se plaint on se plaint, mais c'est quand même ce qui nous mène au boulot… La situation est merdique, le confort encore plus, mais dans le scénario catastrophe où on nous supprime notre gare, je perds mon boulot.
J'ai pensé à ça quand j'ai entendu le type dire : « à mon avis, Lamonzie, elle va pas rester bien longtemps, y'a jamais personne qui la prend ».
Par contre : « Castillon, y'a un gros traffic ».
Autrement dit, soyez écolier Castillonais, mais pas employé à Lamonzie-Saint-Martin...
A partir de quel moment une gare cesse-t-elle d'être rentable ? Si une seule personne prend le train tous les jours, cette gare est-elle toujours utile ? Est-ce qu'on décide quand même de la supprimer, sans se soucier du sort du voyageur ?
Et comme l'a fait remarquer Damien, puisque la majorité des gares de notre ligne n'emploie personne, qu'est ce que ça change que le train s'y arrête ou non ?

samedi 14 mars 2009

C'est vendredi, pas de répit.


J'ai pas eu le temps d'écrire vendredi soir en rentrant, j'avais un train à prendre. Et puis le notre était à l'heure alors quoi écrire ? Je vais pas me plaindre ça m'a permis de faire ce que j'avais à faire et j'avais qu'une heure pour le faire, trajet entre la maison et la gare compris.
C'est le train que j'ai pris pour quitter Bordeaux qui était en retard. Parce que les TGV étaient en retard.
Même pour partir en week end on n'est pas tranquille.

Il y a un mois jour pour jour, j'étais à Paris pour le concert de RoBERT. On en reparlera.
Dans deux mois, c'est Jay Brannan qui vient à Paris. 3 dates, toutes en semaine. Le salaud. Je devrais déplacer ma semaine de congés.

Je suis pas hors sujet, si j'y vais c'est en train.

vendredi 13 mars 2009

Le début de l'aventure !


A l'heure, matin et soir.



Un jour de février 2008, je me suis soudainement retrouvé comme plongé dans un monde parallèle, un univers hors du temps entouré de visages qui me sont devenus plus ou moins familiers par la suite, puisque cette incursion dans cette nouvelle dimension devra se renouveler presque quotidiennement… Jusqu'à… On ne sait pas encore quand, puisque la fin de cette histoire vraie n'existe pas encore !

Je ne me suis d'ailleurs pas présenté, mais moi, c'est Damien ; celui dont parle Bernard dans ses messages de présentation de la troupe de Broadway qui se produira dans ce blog…

Mais commençons par le début…

C'était donc un jour de février, dans la dernière dizaine. Je venais de prendre la décision de me lancer dans une nouvelle expérience de travail, loin de chez moi, à la campagne.
J'aurais pu trouver (du moins avant la crise financière qui frappe nos contrées) le même travail vers chez moi en ville, mais là c'était différent, je connaissais la personne pour qui je devais travailler.
La route allait être longue. Ca m'inquiétait, mais tant pis. Fallait tenter le coup, on verrait après…

Y aller en voiture ? Une fois de temps en temps, pourquoi pas, mais tous les jours, trop cher et trop dangereux.

Le trajet se fera donc en train, c'est décidé !
Pas par moi, en fin de compte, vu qu'il n'y avait véritablement pas d'autres choix…
Car quand on a d'autres choix, croyez moi, on choisit autre chose… Vous comprendrez pourquoi si ce blog vous intéresse, et que vous continuez à le suivre.

Et c'est ainsi que je me suis retrouvé dans cet univers paranormal dont je faisais état au début de ce récit.
Comment décrire ça ?
Parlons du décor.
Non, pas du décor.
Plutôt de la sensation.
Non plus…
Du paradoxe alors.
Oui du paradoxe.
Je débarquais dans un monde en contradiction perpétuelle, déterminé d'un côté par la précision des horaires, impliquant une organisation millimétrée à la hauteur de laquelle je n'ai parfois pas toujours été…
Caractérisé par ailleurs par des retards quasi quotidiens, tantôt de faible importance, tantôt dépassant la demi heure voire l'heure, ou plus… La modération n'existe pas en pareille matière !

Paradoxe à la base du concept lui même, car on prend un billet de train …pour prendre le train justement…
Et que notre Compagnie de transport contre toute attente, nous affrête un autocar ou encore prévoit un taxi, car pas de train, (et encore, quelque chose est prévu !), avec le calvaire assuré de l'heure minimum de retard ;

Paradoxe aussi quant au cadre de vie :
Je découvrais un univers s'apparentant à un no man's land, alors que j'étais pourtant entouré de visages.
No man's land, car le délabrement du décor laisse l'impression d'une zone sinistrée, abandonnée depuis des années ;
Mais l'état d'usure de cet endroit conserve en fait les traces du passage des gens, les traces de la vie…
C'est délabré parce que pas entretenu, certes, mais parce que des gens passent, et repassent encore…
Ces traces sont des preuves de vie, elles raconteraient presque des histoires, l'histoire de la vie des gens, de tranches de vies, de NOTRE vie…

Prendre le train pour aller travailler peut paraître banal ; mais lorsque cette banalité prend autant de temps au quotidien, cela devient une tranche de vie à part entière.
On peut avoir la vie au travail, la vie en famille à la maison, la vie en vacances… Et la vie dans le train.
Le train (train) quotidien représente un mode de vie à lui seul, source de (parfois grandes) galères (et nombreuses), telles qu l'on se sent rassuré d'être en contact avec les autres en humanisant cette aventure.

Notre histoire, elle a commencée par des gens, qui ne s'étaient jamais vus auparavant, et qui se verraient désormais presque tous les jours.

Pendant un mois ou deux, je montais et descendais seul du train, mon sac immonde qui ne craignait plus rien en main (je vais peut être envisager d'en prendre un autre, car j'en peux plus de celui là !).

Et puis au bout d'un mois ou deux, le visage des inconnus deviennent familiers (tiens, encore un paradoxe).

On est assis près d'eux, on les connaît de vue ;

Mais ce sont des inconnus. Pourquoi leur parler ? Pourquoi pas ?

Et puis Bertrand ressortait parmi les inconnus connus, parce qu'il était grand, et qu'il parlait assez fort, avec Solène, rousse au cheveux courts.

Il faisait le même travail que moi.
Comment je le sais ?
A leurs propos de conversations captés lors de mes occupations voyeuristes de passager cherchant la moindre distraction pour atténuer l'ennui.
Et je savais par ailleurs que je risquais être amené à le rencontrer dans le cadre de mon travail.
L'ayant ainsi eu un jour au téléphone, et devant lui faire passer un document, je lui cédlarais alors prendre le train avec lui ;
Et le lendemain les présentations furent faites.
Il m'a présenté à Solène, qui m'a présenté à Bernard, Marie et à Sophie, mais plus tard.

Et tous les matins, je faisais le trajet avec Bertrand, parfois Solène…

Petit à petit, notre micro société s'est constituée.
Le train, c'est une parenthèse entre deux mondes.
On ne peut rien faire dedans, hormis lire et écouter de la musique (et encore, difficile, car trop de bruit…).
On quitte la vie chez soit pour gagner la vie au travail, et entre les deux, il y a cette parenthèse.
On est embarqué dedans, on ne peut pas descendre (et même pas lors des "arrêts en pleine voie", pour reprendre l'expression si chère à la compagnie du train… Faudra d'ailleurs qu'ils m'expliquent ce qu'est la "pleine voie" ; ça pourrait vouloir dire qu'il existe une voie "vide" ?!...)
Mais désormais, nous formons un groupe.
La tranche de vie devient sociale et c'est mieux ainsi.

Notre corporation a gagné deux membres :
Alexandre, le grand réunionnais à l'allure sage au début, et au sourire coquin ensuite.
Je l'ai rencontré tout seul, en me mettant à côté de lui.
Et Solène que je connaissais aussi depuis peu grâce à Bertrand, l'a rencontré toute seule de son côté, elle aussi.
Et oui, le train est petit ! (Surtout quand il ne comprend qu'un wagon pour tout le monde !)
Et Alexia, rencontrée par le biais d'Alexandre…
On s'entendait bien, et elle ne trouvait pas trop bizarres les propos loufoques que je lui tenais parfois, contrairement à d'autres du groupe qui ont pu manifester une méfiance de départ dissipée (plus ou moins!) par la suite…

Ils nous ont quittés ! (Du train seulement, rassurez vous !)

Maintenant, on essaie de se voir en dehors du train…

Après, nous n'avons pas tous les mêmes horaires, mais dans l'ensemble, je passe la plupart des trajets de retour avec Bernard.
Il m'a fait découvrir Robert la chanteuse, et même si les trajets commencent à me peser au niveau de le fatigue, je ne regrette pas de l'avoir fait rien que pour découvrir cette artiste.
Il m'a fait aussi découvrir Divine et John Waters, dans un autre registre !
On discute et philosophe de trucs plus ou moins débiles ou intelligents, et c'est bien…

Voilà pour les premières présentations, de mon point de vue ;

Si ces petites histoires sont sympas à vivre, il n'empêche que la Compagnie du train nous use à petit feu en nous traitant comme on vous l'expliquera plus tard…

Il serait ainsi bon de mettre fin à ces séjours en 4e dimension, pour se préserver un peu la santé physique et morale…
Et pour rester enrichi de cette expérience, continuer l'histoire des amis du train hors des rails !

jeudi 12 mars 2009

La Compagnie du Train


Le matin, à l'heure.

Le soir, en retard de justesse, le train a été stoppé en entrant dans la gare. Il semble finalement qu'on s'en soit bien sorti, les écrans affichaient une série de trains en retard, entre 40 minutes et 1 heure. Et un de supprimé parce que le suivant (ou bien le précédent ?) avait tellement de retard qu'il faisait double emploi.
Ça m'arrive régulièrement aussi.
On a voulu prendre les affichages en photo avec nos téléphones mais si les téléphones portables faisaient des photos exploitables on les appelleraient appareils-photos.


Nous, présentement, c'est Damien et moi. Sophie est à l'école, Marie en congés, Solène en vacances. Les deux Alex nous ont quitté, s'ils prennent le train c'est avec un état d'esprit bien meilleur que le nôtre. Cela dit, ça ne les protège pas des mauvaises expériences.

Bref.
Pour moi, tout a commencé avec Bertrand. J'étais tranquille, j'étais peinard, j'avais bien repéré les habitués mais je parlais à personne. Je profitais du train pour terminer ma nuit le matin et faire à peu près la même chose le soir. Surtout qu'à l'époque, tous les matins, on avait les jolis trains bleus. Depuis, j'ai appris à dormir sur une chaise, alors je suis moins sensible au confort du train. Ça tombe bien...
Je bouquinais, j'écoutais de la musique (jamais en même temps), je regardais le paysage, les gens. J'écoutais les conversations, c'est comme ça que j'ai connu le groupe d'habitués de l'époque sans jamais leur parler.

Bertrand non. Un grand gars qui ne vit pas sans communiquer. J'ai oublié comment il m'a abordé mais il s'est plus ou moins imposé, ne serait-ce que pour avoir quelqu'un qui l'écouterait pester contre la compagnie du train qui nous transporte et dont la fiabilité du service approche celle d'une horloge en panne. Déjà à l'époque. Bertrand est un râleur mais s'il avait eu tort de pester, ce blog n'aurait aucune raison d'être, surtout 3 ou 4 ans plus tard. Bertrand ne prend plus le train et la situation ne s'est pas arrangée, au contraire. A part ça, on s'est bien marré.

Avant de ne plus le prendre du tout, Bertrand prenait le train suivant le mien, on ne se voyait plus que très rarement. Le groupe de l'époque ayant quitté la ligne, il a fallu en bâtir un autre, c'est une histoire que quelqu'un d'autre racontera peut-être, je n'y étais pas.

Le hasard a fait qu'un soir je prenne le train de Bertrand qui m'a présenté à Solène, petit rousse charmante qui ramène le journal tous les jours à son homme.
Quelques jours plus tard c'est elle qui prend mon train, accompagnée d'Alexandre, grand réunionnais que je prenais pour un arabe et à qui je disais timidement bonjour les soirs où vraiment je m'y sentais obligé parce que nos regards se croisaient. Faudra que je vous parle de moi un jour. Enfin bref.
De son côté, Solène avait aussi rencontré Damien, encore un grand gars qui en intriguait plus d'un avec son style vestimentaire soigné associé à un petit sac de voyage en toile pourri et bleu. D'un coup, je suis passé de voyageur solitaire à membre d'un groupe de 3 habitués, régulièrement rejoint par 2 ou 3 autres car Solène nous a ramené Sophie l'étudiante ulcérée (littéralement) et Marie, jeune maman de mon âge, deux autres visages connus de personnes jamais abordées.

Je suis parti en vacances (en train) et le soir de la rentrée, Alexandre m'a rejoint avec une nouvelle que je n'avais jamais remarquée, à ma grande honte parce qu'elle m'avait repéré, Alexia. Une petite bonne femme... pardon, un petit bout de femme, le visage souriant et attentif.
Nous voilà 4 habitués à se retrouver chaque soir, je manquais la moitié de leurs histoires parce qu'on ne prenait pas le même train le matin, je n'étais pas non plus celui qui participait le plus mais quand même, on s'est bien marré.

Les personnages sont en place, mettons tout ce petit monde dans le train.




Mise à jour.

Par soucis d'équité envers mon compagnon de route dont je viens de rajouter la photo du sac, je vous présente le mien, de sac. Offert par mon voisin, il me sert fidèlement depuis presque trois ans. Mon bloc-note, mon repas de midi, mon cabas Champion, mon livre au format de poche (pas plus grand sinon ça rentre pas).

mercredi 11 mars 2009

Un suspens ridicule.


A l'heure, matin et soir.


C'était bien la peine de créer un blog pour garder trace, jour après jour, des incidents de train. Non seulement mon train est à l'heure matin et soir depuis lundi mais en plus, ce matin on avait un joli train bleu. Pas un Bombardier (quand même) mais la mouture d'avant, que les gens confondent avec le TGV.
Un TGV qui ferait Bordeaux-Sarlat. Quelle blague.

Pour ce que ça vaut, le train pour Le Verdon est en retard tous les matins depuis lundi, entre 5 et 10 minutes. Oui je triche, c'est pas le mien.

Bernard

mardi 10 mars 2009

Des incidents sans gravité.


A l'heure, matin et soir.


Comme je disais, on n'est pas là juste pour se plaindre.
Je suis pas du genre vindicatif, ni râleur. Plutôt passif, tendance soupe au lait. Les galères du train je m'en accommode, et même, je les oublie vite. L'important pour moi est d'arriver. De préférence entier et avec un minimum de retard. Sauf que le minimum, avec la Compagnie du Train qui nous transporte, ça peut atteindre 1 heure 30 plusieurs fois par semaine. Sur un trajet d'une heure.
Sur les fiches d'hiver, certains horaires ont été modifiés d'une (1) minute. Si une minute est à ce point capitale, je n'ose imaginer les conséquences d'un retard de 20 minutes, ou 90...
Quand on part en vacances et que c'est la seule fois dans l'année ou presque qu'on prend le train, bien sûr un retard nous perturbe mais on peut le vivre comme une aventure. Au quotidien, pour aller travailler, l'accumulation finit par vous monter à la tête.
C'est en gros ce qui nous est arrivé la semaine dernière. Damien parlait depuis quelques temps de mettre à plat tous les défauts de services qu'on nous faisait subir. Manquait le support. On a eu le déclic tous les deux le même jour ; nous avons eu chacun de gros incidents le matin, chacun dans son train. Il a pris des notes sur une feuille de papier, j'ai proposé ce blog.

Mercredi 4 mars, départ avec 10 minutes de retard, sans explication. Stoppé à St-Emilion pour cause de signalisation défectueuse. On a roulé au ralenti jusqu'à Castillon. Finalement, 40 minutes de retard à l'arrivée.
Le soir, à l'heure.

Jeudi 5 mars, à l'heure.
D'ailleurs non. En fouillant dans mes notes je tombe la-dessus pour le matin :
la voie n'est toujours pas affichée à l'heure du départ. Le retard était affiché avant la voie. 5, puis 10 minutes. Finalement, 13.
Le soir, à l'heure.

Vendredi 6 mars, 45 minutes de retard au départ, 30 minutes à l'arrivée. Aucune explication.

Alors j'ai remonté mes manches, j'ai sorti mon stylo et j'ai commencé à noter dans mon carnet les défaillances de nos trains.

Bernard

lundi 9 mars 2009

L'important c'est d'arriver.


A l'heure, matin et soir.

Voilà, depuis le temps qu'on en parle, c'est fait.
J'ai fait la bannière en écoutant RoBERT ("Celle qui tue", 2 fois).
Pas mangé, pas douché.
Ne m'en voulez pas si je m'arrête là pour ce soir.
A demain pour un vrai premier article.

Mise à jour :
Nous sommes un petit groupe de gens qui prennent le train tous les jours pour aller travailler. D'univers et de points de chutes différents, la routine et les ratages de la Compagnie du Train qui nous transporte ont provoqué l'échange, beaucoup pour râler et finalement pour entretenir le lien avec des gens qu'on aime bien. La Compagnie du Train, c'est à la fois nous et ceux qui nous transportent.
Les incidents étant récurrents, le besoin de s'exprimer a gagné en force. Ça tombe bien, j'aime écrire. Et je suis pas le plus râleur de tous. Heureusement, je ne serai pas non plus le seul à m'exprimer ici, l'intérêt est d'avoir plusieurs points de vue, plusieurs voix.
Plusieurs voix pour une seule ligne.
Et puisque ce trajet en TER entre la maison et notre lieu de travail est une expérience vivante, il ne s'agira pas seulement de relater les incidents que la compagnie nous impose, il y aura aussi des histoires plus personnelles, comment on vit ces trajets quotidiens et peut-être le plaisir qu'il nous arrive de prendre à les faire. Ou pas.

Bonne lecture.