Lundi 16/03/09 – train de 17h39 :
20 minutes de retard ; du moins pour ceux qui vont à Bordeaux, car comme bien souvent, les correspondances en Gare de Libourne, en direction de Paris, ou Angoulême n'ont pu être assurées à l'heure.
Pour Paris, les passagers ont du prendre un train arrêté exceptionnellement à Libourne, qui arriverait une demi heure plus tard.
Pour Angoulême, les passagers ont reçu l'instruction de ne pas descendre à Libourne, mais de rester jusqu'à Bordeaux, ce qui leur a déjà rallongé le trajet de 20 minutes… x 2 = 40, puisqu'ils ont dû prendre un train partant beaucoup plus tard de Bordeaux, et donc refaire Bordeaux – Libourne dans l'autre sens…
En plus, dans la petite gare de SAINTE FOY LA GRANDE, les contrôleurs comptaient les passagers qui montaient et descendaient du train ; pour semble t-il faire des statistiques conduisant à la suppression de certaines gares d'arrêt à ce qu'il se dit ; à suivre sur ce point...
Mardi 17/03/09 – train de 08h00 :
Le train a été annoncé avec 5 minutes de retard, puis 10 minutes…
La Compagnie a livré des informations "précises" sur la cause de ce retard : "Difficultés dans la préparation de ce train". (C'est vrai, la préparation d'un train soulève de nombreuses questions existentielles sur la sélection des wagons ; difficile choix, en effet, ils ont voulu nous ménager en ne mettant pas les plus vieux trains ; ils ont mis la génération suivante, âgée de seulement 25 ans !)
Il est finalement parti avec 13 minutes de retard.
Ouf, les dégâts ont été limités !
A l'arrivée, plus que 7 minutes de retard !
Le train a certainement frôlé le mur du son pour arriver à ce résultat !
On s'en tire plutôt pas mal ; les retards pour "difficultés dans la préparation du train" qui se sont produits à une cadence hebdomadaire ces derniers temps, se soldaient en principe par un retard de 30-40 minutes environ !
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Les rumeurs de suppression de gares d'arrêts vont bon train…
Pour la plupart de ceux qui prennent le train pour travailler : plus de train = plus de travail…
Logique, car s'ils pouvaient venir autrement, ils le feraient sans doute !
Car le train, c'est vraiment la solution finale !
Le recours ultime, quand on n'a pas d'autre choix.
Pas d'autre choix pourquoi ?
- Parce que la distance du lieu de travail par rapport au lieu d'habitation est telle que la voiture est trop chère et trop dangereuse ;
- Parce qu'on n'a pas de voiture, ou pas le permis de conduire…
- Parce que notre travail se situe (très) loin de notre lieu d'habitation, et que déménager plus près de son lieu de travail n'est pas si simple : logement difficile à trouver ; et surtout problème quand le lieu de travail n'est pas une villégiature de rêve et que vous avez autant envie d'y vivre que de vous pendre…
Monsieur Bernard pourrait d'ailleurs nous livrer, s'il le souhaite, son expérience de vie à la campagne !
De nombreuses raisons condamnent ainsi inéluctablement à s'en remettre à la Compagnie du train…
Et oui, il faut s'y résoudre :
Ma vie est actuellement gérée par la Compagnie.
Je dépends désormais d'elle.
J'ai remis mon sort entre ses mains du jour où j'ai acquis ce petit billet cartonné d'abonnement mensuel, scellant le contrat d'adhésion (ou de mariage avec la compagnie), auquel je ne pouvais que souscrire, (ou pas), mais ne pouvais avoir aucune incidence quant au contenu.
Ainsi, lorsque la compagnie décide purement et simplement de ne pas honorer ses obligations contractuelles, en supprimant soudainement un train prévu, comme ce sera le cas certainement jeudi dans le cadre de la traditionnelle et incontournable grève bimestrielle, il faut s'organiser pour arriver à gagner son lieu de travail…
Et ce d'autant plus qu'à côté de la classique grève institutionnelle, il y a d'autres incidents parmi lesquels on peut citer notamment :
- les pannes de trains, entraînant leur suppression radicale.
- les retards sans motifs ou aux motifs obscurs, du style : "En raison de difficultés dans la préparation de ce train (Pour un train qui est sensé partir au même endroit depuis des années, à la même heure, c'est vrai qu'il doit y avoir tout un tas d'imprévus totalement inédits à gérer, constituant lesdites difficultés…) , le train partira avec une retard de …5 - 10 - 20 -30 – puis 40 minutes de retard environ" entraînant au final la suppression du train, ou un retard finalement dépassant les ¾ d'heure.
Des incidents exceptionnels (comme la fois où cette gare avait été incendiée…) pourraient se comprendre, et seraient à minimiser.
Mais lorsque la récurrence de ces impondérables plus moins importants affecte un trajet sur deux, on ne peut que constater que la Compagnie du train devient la baguette magique de votre tranquillité ou à l'inverse de votre calvaire au quotidien.
La Compagnie est même devenue le métronome de mon niveau de vie (d'un point de vue financier), étant donné que je suis amené à prendre ma voiture certains jours où le service étant particulièrement déficient, il n'y a pas d'autres choix si je veux aller travailler à une heure décente.
Et l'essence, c'est cher.
Cela induit en moyenne un supplément d'une centaine d'euros pour les trajet mensuels, venant s'additionner à la centaine d'euros de transport facturé par la Compagnie, que le service soit assuré ou pas.
Sans compter la trentaine d'euros mensuelle pour prendre le bus qui me conduit jusqu'au train tous les jours…
Ces quelques lignes me laissent peut-être entrevoir une solution :
Laisser la conscience professionnelle entre parenthèses ; trouver une raison quelconque de faire grève les mêmes jours que les employés de la Compagnie du train, pour ne pas être victime de la suppression du transport que j'ai payé (un motif ne doit pas être trop difficile à trouver ; au sein de la Compagnie, qui devient une nouvelle source d'inspiration, ils en ont toujours un sous la main !)
Mais j'oubliais que dans mon secteur d'activité touché par la crise, une grève pouvant être fatale à ma boîte conduirait à la porte pour …motif économique ou autre…
Et sans fantasmer que la compagnie puisse aller jusqu'à me rembourser les frais d'essence engendrés par l'arrêt soudain du service, il pourrait au moins être fait un remboursement prorata temporis des jours où les trains ont été touchés par la grève.
Mais il n'en est rien, car il est argué qu'un service minimum est assuré …par des bus de substitution…
Or, j'ai acheté un billet de train, pas de bus !
La différence ?
Entre 1h et 1h30 et trajet en plus…
Et on dit quoi au travail ?
"Désolé, mais vous savez ce que c'est …un petit problème avec la compagnie…"
"Oui, comme les 14 autres fois de ces deux derniers mois…"
Et de répondre pudiquement en haussant les épaules :
"Oui…"
Cas particulier des grèves exceptées, qui de la compagnie pourrait remédier aux dysfonctionnements et retards qui auraient pu être évités?
Certains employés semblent avoir conscience du calvaire quotidien des usagers, dont ils se sentent affligés, et impuissants, étant seuls confrontés à l'organisation générale (s'il en existe une) qu'ils subissent autant que nous…
D'autres à l'inverse, se sont révélés être de parfaits artisans faisant preuve d'un savoir-faire inimitable en matière de blocage !
A la manière de Jésus lors de la crucifixion, on pourrait être tenté de leur pardonner, ils ne savent pas ce qu'ils font (ou ne font pas !).
Ils ne doivent pas réaliser ce que subissent leurs victimes au quotidien… Ou alors, ce seraient vraiment des monstres !
En effet, s'ils devaient prendre notre place ne serait-ce qu'une quinzaine de jours, ils se sentiraient certainement honteux...
J'ose espérer qu'ils ne sont pas véritablement conscients de l'impact qu'ils ont sur des vies humaines.
Ils vous usent à petit feu.
Le rapprochement devient urgent… trouver un travail plus près… Pas si facile… Mais après, les années passent, on n'a qu'une vie, et faut-il la laisser se consumer le long des rails, "en pleine voie", ou sur un quai, au froid, en attendant que "les difficultés dans la préparation du train se dissipent" ?
Il vaudrait mieux trouver la force de réagir pour mettre fin à cette condamnation infernale.
C'est possible.
Peut-être même que cela ne viendra pas directement de notre volonté, mais de celle de la Compagnie qui nous transporte, qui se permettra de se passer de notre présence, en mettant fin à l'existence des petites gares dont la suppression nous condamnera à abandonner notre emploi...
Pour l'heure il faut résister, mais je saurai, m'arrêter, ainsi j'espère que les autre membres de notre petite troupe, qui n'en pourraient plus, avant que mon dernier train me ramène avec un masque à oxygène dans un asile d'aliénés...