La compagnie est reine des règlements plus ou moins flous, d'un intérêt plus ou moins évident.
Même lorsque l'objectif poursuivi est d'une grande simplicité, les règles édictées sont toujours complexe, tirées par les cheveux, émanant d'une logique à l'envers de mathématicien.
Prenez la règle du compostage des billets. C'est simple ! Le billet peut être acheté à l'avance,mais ne doit servir qu'une seule fois. Le compostage permettant de vérifier qu'il n'a pas déjà été utilisé.
Pour le train les machines à composter sont dans la gare. Si l'on arrive dans le train au dernier moment, une annonce passe, précisant qu'il est obligatoire de composter son titre de transport. Si cette formalité n'a pas été accomplie, il faut se présenter spontanément au contrôleur lors de son 1er passage, et ce avant le début des opérations de contrôle.
Oui mais voilà, le contrôleur, parfois, on le cherche, et on ne le trouve pas !et quand on le voit enfin pour la 1re fois, il a déjà commencé les "opérations de contrôle"...
Ne serait-il pas plus simple de mettre une borne à composter à l'intérieur du train, comme dans les bus et tram, afin d'éviter toute ambigüité et discussion sur le caractère spontané de son auto-présentation auprès du contrôleur ?
Voici un exemple de règlement tordu.
Règlement quand tu nous tiens...
Mais quand tu nous tiens pas, c'est pas la peine de faire preuve de zèle à appliquer bêtement un règlement stérile et infondé !
Je m'explique :
Un matin, j'ai été contrôlé par une zélée qui appartient la nouvelle mouvance des contrôleurs réclamant avec frénésie la carte "easy pass" en sus du billet d'abonnement mensuel.
Pour rappel, il y a 3-4 ans, il était exigé qu'une attestation d'employeur soit présentée avec le billet au contrôleur, vu que l'abonnement mensuel était réservé aux "travailleurs".
Depuis 3-4 ans, il semblerait que cette exigence ne soit plus de rigueur.
A la place de l'attestation de l'employeur, il nous est donné au guichet cette carte easy pass.
Or, celle-ci ne sert à rien, puisqu'elle est gratuite, et donnée à qui veut bien la prendre.
D'autres cartes, à l'inverse, sont utiles (malgré leur nom ridicule), comme la "easy air", par exemple, qui est une cartes payantes, sur présentation de laquelle des réductions sont accordées.
Il est donc logique de présenter de telles carters lors d'un contrôle.
En revanche, l'"easy pass" ne sert à rien. Elle n'est pas exigée pour acheter son billet, elle n'est pas payante, elle est destinée à n'importe qui.
Si j'en voulais 45 en y mettant autant de noms différents dessus, accompagnées de la même photo, ce serait possible ! (Faudra que je pense à la faire celle-là !)
Or, la seule présentation, lors d'un contrôle, de mon billet d'abonnement mensuel, en cours de validité au niveau des dates, sur lequel j'aurais inscrit mon nom pour prouver que ce billet ne m'a pas été fourni par une comparse, permet d'attester du fait que je suis en règle pour voyager, ce qui l'objet même du contrôle.
Et bien, non !
Ca ne suffit pas. Il faut en plus que je montre cette carte fictive "easy pass", qui m'est réclamée par un contrôleur sur trois.
Je dis bien fictive, car elle n'apporte aucune précision sur la régularité de ma situation, elle ne sert donc à rien.
Ce qui s'inscrit dans la tendance de nos transporteurs de ne pas être efficaces sur l'essentiel qui serait utile (ndlr : arriver à l'heure) ; mais qui redoublent d'énergie pour édicter des règles toutes plus stupides les unes que les autres, d'une inutilité affligeante.
Trouvant ce genre de requête débile, j'ai rangé la carte "easy pass" dans un porte carte translucide, sous mon billet. (Je précise que c'est le billet petit format, pris à la machine, qui est de la même taille que la carte).
Ce qui fait que sur le dessus de l'étui, on voit bien le billet, avec mon nom dessus, et au verso de l'étui, on ne voit qu'une face de la carte "easy pass", que j'ai pris soin de mettre à l'envers, rien que pour les emmerder.
Ainsi, la face visible de la carte est celle où il n'y a que le règlement écrit, et non pas celle sur laquelle il y a la photo et le nom.
Ce qui oblige le contrôleur zélé à devoir retirer la carte de son fourreau s'il veut voir la photo et le nom.
Et c'est là qu'intervient la subtilité : la carte est presque coincée, et très difficile à sortir pour le non-initié.
Ce matin, cette contrôleuse de la nouvelle vague a tenté, en vain de retirer la carte de son écrin.
Face à son échec, elle m'a rendu le tout, en me demandant de sortir la carte moi-même.
Je commence alors à toucher ma carte, d'un air hésitant.
Puis, sentant le vent de la rébellion poindre en moi contre les oukases de la compagnie, je me mets à regarder mon interlocutrice, en lui disant :
"Et puis pourquoi je vous la montrerai cette carte easy pass"
Et elle, de me répondre :
"Parce-qu'elle doit être montrée à l'appui du titre de transport"
Ce à quoi je lui ai objecté :
"Je ne vois pas pourquoi j'aurais à vous montrer cette carte, dans la mesure où il est indiqué noir sur blanc sur le billet que doit être produit lors du contrôle une attestation de l'employeur ; de plus, cette carte est donnée de manière illimitée gratuitement à qui veut bien la prendre, et ne donne droit à rien ; elle est donc inutile"
C'est alors qu'elle me précise :
"Cette carte se substitue à l'attestation de l'employeur".
J'ajoute à mon tour :
"Je ne vois pas sur quel fondement vous appuyez cette affirmation, puisque l'existence de cette carte n'est mentionnée nulle part sur mon abonnement. J'estime à ce titre ne pas avoir à vous montrer cette carte."
Elle n'insiste pas, et me répond :
"Très bien, où est-ce que vous descendez ?",
Je lui dis que je descends à Ste Foy ; elle regarde alors sa montre, en se parlant à elle même, en adoptant une attitude laissant entendre que des sanctions redoutables seraient prises à mon encontre, comme une interpellation par la police ferroviaire. (Le pire, c'est que ça peut arriver, ils sont souvent à la gare de Castillon...)
Et au final, personne pour formaliser mon arrestation. De toute façon je m'en foutais, j'avais la carte. Après, peut-être peuvent-ils me coller la prune pour refus de contrôle ? J'en doute. Mais bon fallait tenter le coup !
Mon refus d'obtempérer peut paraître tout aussi stupide que l'obstination dont fait preuve un contrôleur qui voit pourtant qu'on a payé son billet.
Mais mon attitude s'inscrit dans le militantisme idéaliste, ou, au choix, le fanatisme idéologique, dont je fait preuve contre la compagnie, dont les carences choquantes et les dysfonctionnements abusifs rendent inadmissibles le zèle parfois déployé pour des choses inutiles. Et la marge de manoeuvre dont nous disposons, nous les usagers, est si faible, que le moindre faille, (comme le défaut d'actualisation du règlement sur le billet) ne peut être ignorée.
A l'avenir, je me munirai d'une attestation de l'employeur que je me suis procurée ce jour, et que je présenterai à l'appui du billet de train, tant qu'il sera mentionné dessus qu'il faut fournir cette attestation, et non la carte "easy pass". Je refuserai de présenter la carte, en m'appuyant sur le règlement tel qu'il est formulé, et en présentant le d'office l'attestation. Et là, il ne devraient rien pouvoir me dire, vu que j'applique à la lettre le règlement !
Le jour où il sera expressément mentionné sur le billet l'obligation de présenter la carte, je serai alors bien obligé de m'exécuter !
Sauf que les membres de la compagnie doivent lire le blog, à moins que ma rébellion ait fait jurisprudence, car depuis cette aventure d'il y a plus d'un moins, on ne m'a jamais plus redemandé la carte, comme quoi, le billet suffisait en fin de compte !