Le matin, à l'heure.
Le soir, léger retard. La correspondance à Libourne est assurée.
Bon j'ai parlé des gens qu'on croise dans le train, tous les jours ou presque. Certains nous ignorent, d'autres nous saluent et on se demande pourquoi. Le hasard (et le train bondé) a fait qu'on s'assoit à côté d'une nouvelle régulière, arrivée en avril, nous a-t-elle dit. Bien sûr, on a d'abord parlé entre nous, elle lisait le gratuit du matin. Alors, les petits collégiens qu'on aime tant sont monté et on réagi à des cris de filles (heu... non j'ajoute rien, c'est sexiste) à l'autre bout du train. Les garçons, debout dans la travée ont crié aussi entre eux sans qu'on ait le fin mot du scandale. De toute façon, scandale ou pas, à cet âge on parle pas, on crie. En tout cas, un échange de regard entre Damien et la nouvelle a lancé le contact. Une conversation courte mais c'est déjà bien.
Plus tard, Damien me montre la bonne idée qu'il a eue d'associer sa carte Izy Pass avec son billet du mois. Une très longue histoire, qu'il racontera sûrement lui-même. En tout cas, voilà le billet et la carte coincés dans un étui en plastique et lui et moi bataillant à tour de rôle pour les en sortir. De son côté, l'étrangère qui l'est de moins en moins au fur et à mesure que le train avance, jette un regard curieux vers nos efforts, enfin récompensés grâce à nos deux esprits, il fallait au moins ça. Du coup, la conversation à trois reprend et nous voilà un trio à la musique bien sympa et au tutoiement naturel (le mien n'est pas venu tout de suite, je suis vieux).
On s'est quitté en se disant à demain, à moins qu'elle préfère la compagnie de ses livres, après tout ça se comprend. Reste le mystère de ce qui a finalement provoqué ce premier contact. Quelque chose avec la lune peut-être.