lundi 29 juin 2009

La théorie de Damien.


Le matin, à l'eau. 21°
Le soir, peut-être aussi.

Bon j'ai raté 2 jours, le 12 et le 15 juin. Ça méritait qu'on en parle : si je me souviens bien j'avais 10 minutes de retard ces soirs là.
Le reste du temps j'étais tout jaune, j'ai pas travaillé, pas pris le train.

Damien a une théorie à propos des trains, il l'a vaguement évoquée. La carcasse des trains serait la même, on nous changerait la déco et le mobilier et puis c'est tout. La preuve, les vitres sont datées. Et pas du 21ème siècle. Il suppose même qu'ils font pareil pour les TGV.
Tout ça est plausible, faut dire que j'y accordais pas beaucoup d'importance.
Hier je suis parti en vacances. Ces nouveaux trains, Corail Téoz.
En montant les marches, mon œil note distraitement une date gravée là, comme sur une maison de maître. 1980.
C'est pas bien grave, après tout j'étais bien installé, clim et tout.
Mais j'ai eu là une autre confirmation de la théorie de Damien.
C'est le même œuf, on repeint la coquille et on change le poussin.

mercredi 10 juin 2009

C'est automatique, Manuel.


Le matin, à l'heure.
Le soir, presque 30 minutes de retard.

Je me suis assis au calme de la gare. Ça m'a permis d'apprendre que le train aurait 25 minutes de retard et que la correspondance vers Paris ne serait pas assurée à Libourne.
J'annonce la nouvelle à Sophie et Damien, en les rejoignant et celui là me demande si une raison a été évoquée. Je lui réponds que non et Sophie s'amuse en avançant que forcément le problème est "technique".
Quant à moi, j'ai vite pu échafauder ma théorie. En cherchant à monter dans le train, les portes étaient condamnées, on a couru à l'autre bout du wagon et on s'est assis, j'avais vue sur le quai. Le train ne démarre pas avant que le contrôleur vienne fermer à la main les portes par lesquelles nous sommes montés. Je sais pas comment ça marche, mais c'est sensé être automatique. Pas ce soir. J'ai soumis ma théorie à ce moment là : "s'il doit fermer les portes à la main à chaque gare, ça explique le retard". Et effectivement, à chaque gare, j'aperçois notre jeune et dynamique contrôleur passer en courant pour fermer les portes, avec à chaque fois plus ou moins de difficulté.
Je ne fais le rapprochement que maintenant mais il me semble que Damien avait remarqué qu'on n'avait pas de lumière non plus. C'est à dire qu'on a passé les tunnels dans le noir. Même pas peur.

mardi 9 juin 2009

Poings levés, poings fermés.


Le matin, 25 minutes de retard.
Le soir, à l'heure.

Ce blog, qui traite de nos déboires en train, aurait pu être un pamphlet. L'expression de notre colère et de notre ras-le-bol à coup de formules bien senties et toutes ces choses qui font opiner du chef le lecteur. "Oui, ils ont raison de se plaindre".
Seulement voilà. S'il m'arrive de me mettre en colère, c'est un sentiment que j'oublie vite, une fois la situation passée. Je ne le nourris pas, la vie mérite mieux.
Malgré tout, cet idéal revendicatif est justifié, c'est juste que je sais pas faire et ma motivation littéraire est ailleurs.
Le mois dernier, quand on a parlé du blog aux nouveaux, le gars a demandé "vous réclamez quoi ?". En toute innocence, j'ai répondu "rien on tient le compte des incidents, on raconte nos histoires". Il m'a semblé voir un éclair de déception dans ses yeux, qui devait être le même que celui dans le regard des deux autres recrutés par Solène et dont on n'a jamais entendu reparler. De toute façon, elle je la connaissais pas et lui il prend un autre train maintenant.
Bref, il a jeté une nouvelle pierre dans mon jardin où je cultive si mal ma colère et mes revendications.
Ce matin, le train était en retard. Le retard était annoncé direct, le train était là mais ne partirait pas à l'heure. "Messieurs dames c'est le conducteur qui vous parle, apparemment (!) notre train partira avec un retard de 20 minutes et je suis comme vous, je ne suis au courant de rien."
Moi ça m'allait très bien, j'ai pu somnoler 20 minutes de plus.
Finalement, j'ai compris que le train de notre contrôleur était lui-même en retard et qu'on ne pouvait partir sans lui.
Le train en question est arrivé, le contrôleur nous a rejoint et roule Simone.
C'était un train bleu récent. J'étais près des portes coulissantes qui séparent la rame à la moitié, au niveau du soufflet, et j'entends le contrôleur parler à quelqu'un, un petit bout à chaque fois, quand il ouvre la porte et la laisse se refermer sans passer parce qu'il n'a pas fini de parler. Il dit "tout le monde se plaint mais personne fait rien". Je me suis senti indirectement visé.
Et je me suis souvenu de plusieurs fois où un contrôleur répondait à nos plaintes en disant "écrivez !". Remettant ainsi le pouvoir entre nos mains.
Moi je suis crevé, je crois que je vais faire entrer en scène un docteur. Je dors.

lundi 8 juin 2009

Elle est pas fatiguée, elle.


Le matin, à l'heure.
Le soir, léger retard.

Bon je suis malade. Crevé. J'ai mal partout, j'ai tellement envie de dormir que je rêve que je dors. J'entends ça beaucoup autour de moi "oh là là, je suis crevé".
Et puis dans le train, par le haut-parleur, j'entends cette voix pleine d'énergie qui nous annonce les gare, elle y mets tellement d'entrain que ça lui provoque un fou rire. Deux écolières derrière moi réagissent "elle est pas fatiguée, elle".
Ça non.
Une jeunette je suis sûr. Débutante, je parie.

vendredi 5 juin 2009

Les guichetières sans zèle ne sont pas des anges.


Le matin, à l'heure.
Le soir, léger retard au départ, à l'heure à Castillon, 10 minutes de retard à l'arrivée. Quel suspense !

Il suffit de placer une vitre entre deux personnes et ça tourne au dialogue de sourd. D'un côté des revendications, de l'autre des règles imposées par la Compagnie défendues par la personne au guichet.
La machine n'est pas à nous, je peux rien faire pour votre paquet de bonbons coincé. Je sais que ça arrive, quelques fois ils tombent.
La machine n'est pas à nous, je fais pas la monnaie.

Il y a eu ce soir un gars venu réclamer le remboursement d'un billet acheté sur internet. Je n'ai pas tout entendu mais visiblement le remboursement n'était pas possible dans les conditions qu'il demandait. Je suis même pas sûr qu'il avait le billet sur lui. En tout cas, il n'a pas eu ce qu'il voulait, la guichetière lui a dit quelque chose à propos des billets qu'on paye sur internet par carte bleue ; elle lui a rappelé qu'on ne pouvait pas prendre le TGV sans réservation, il a répondu "je m'en fout, je fais ça tout le temps" et moi j'ai pensé que s'il disait la vérité, elle avait sûrement de bonnes raisons de lui refuser. Il est parti très en colère en disant "quelle conne", elle a répondu "au revoir monsieur, bonne soirée".

Le train d'en face était en retard de presque 30 minutes. Par habitude, quand Solène m'a demandé si notre train avait du retard, j'ai répondu qu'il en avait sûrement vu que l'autre venait à peine de partir. Pour être sûre elle est allé demander à la même guichetière, qui avait eu le temps de se calmer. Elle lui a assuré que "pour l'instant" le train était à l'heure. Elle est restée polie devant le scepticisme marqué de Solène. En admettant que, oui, ces derniers temps on avait raison de penser que le train pouvait être en retard, avec la moue caractéristique du guichetier-qui-de-toute-façon-n'y-peut-rien-et-en-plus-s'en-fout-un-peu.
Le train, bien sûr avait quelques minutes de retard, vite rattrapées, vite reperdues.

jeudi 4 juin 2009

Les seconds rôles du jour.


Le matin, léger retard. On a roulé au pas ou presque jusqu'à Libourne.
Le soir, à l'heure.

De drôles de gens, ce soir sur le quai. Mais je me moque pas.
Un type qui écoutait la chanson de Titanic, en boucle sur son téléphone. Il a arrêté quand un groupe de gars ivres au whisky coca s'est moqué de lui, de loin.
Le groupe en question. Des gars pas méchants, juste bourrés. L'un deux, torse nu, collier tatoué, a abordé le contrôleur qui attendait le train avec nous. "Bonjour monsieur le contrôleur, je voudrais prendre le train, j'ai pas d'argent." La discrétion a cédé le pas à l'intérêt journalistique, je suis pas resté écouter la réponse du contrôleur, le train arrivait.
Le train d'en face était en retard d'une vingtaine de minutes. Un grand gars en est descendu en courant. Costard bleu électrique qui ressemblait à un uniforme d'hôtelier, un badge surprenant accroché à son cou : "ORGANISATION". Il a traversé la voie pour venir sur mon quai, a marché nerveusement à l'intérieur de la gare. Il a eu la gentillesse de téléphoner devant moi, en arpentant le quai : "allo, c'est moi, j'ai fait une connerie, je me suis trompé de train."
Je ne sais pas où il allait, je me suis dit que si l'organisateur ratait l'organisation de son voyage, ça en disait long sur l'organisation de son événement...
Il m'arrive de monter dans le train, à Bordeaux, sans être totalement sûr d'être dans le bon. Il m'arrive même de m'asseoir avec vue sur l'affichage sur le quai, pour me rassurer.
J'en ai rêvé, ce gars-là l'a fait.

mercredi 3 juin 2009

Pas de lézard.


A l'heure, matin et soir.

Fait chaud en ce moment. Il paraît qu'on avait aujourd'hui la journée la plus chaude de la semaine. Les jours sont plus longs, les soirées aussi, du coup. Tout ça fait que les matins sont difficiles.
Et donc, la chaleur n'aide pas. Je me suis assis au frais, ce soir, à l'intérieur de la gare, avec l'intention de fermer les yeux tant que j'étais au calme.
Il y avait là un touriste âgé, un régulier qui se cache à l'ombre entre les arbres et un bâtiment quand il est sur le quai, et moi. Chacun dans sa position préférée pour somnoler.
La vérité c'est que ça m'a fait tellement sourire que j'ai sorti mon carnet pour écrire ça.

mardi 2 juin 2009

Tortillard.


A l'heure, matin et soir.

Quand je prenais le tram jusqu'à Lormont, j'aimais le panorama et le train qui se faufilait entre les toits.
Maintenant, je vois le panorama dans l'autre sens, le train survole les maisons, je regarde le tram au loin.
Quand je faisais la route en voiture, je voyais le train dans la campagne, au bas des collines du côté de Saint-Emilion. J'ai pas de photo de cette vue là, mais quand on roulait à la même hauteur, les rails masqués par la distance et les vignes, ça me rappelait le voyage en train de Chihiro. Elle c'était de l'eau, nous c'est du vert. Chacun sa magie.



J'avoue. Je m'attendais pas à trouver la scène sur YouTube, j'espérais au moins une photo. Du coup j'ai été pris par surprise et me suis retrouvé gorge serrée, la larme à l'oeil. J'adore ce film !!!!
C'est en anglais mais je crois que l'action est assez claire. Chihiro prend le train. Le personnage noir la suit plus ou moins à son insu. Elle est la seule à l'avoir traité sans crainte ni hypocrisie.

PS : non Alexia, ce n'est pas un film triste, juste très beau.

lundi 1 juin 2009

Lundi matin, c'est aujourd'hui dimanche.


Le matin, en voiture
Le soir, dix minutes de retard.

Je me suis levé comme d'habitude. Un peu plus tard même, j'ai eu un peu de mal. J'ai marché tranquillement jusqu'à la gare, j'étais à l'heure, le rues étaient vides, le soleil se levait, la ville était jolie. Je chantais presque. La la la.
Les rues étaient vides, une heure d'attente pour le tram. Normal, c'est férié.
C'est férié mais je travaille. J'ai pas tout compris mais c'est normal. Je marchais en me disant que ce lundi férié était pour moi un lundi comme les autres. C'est lundi, c'est férié, personne travaille sauf moi (je sais c'est pas tout à fait vrai). J'étais à mi-chemin quand j'ai réalisé ce que ça impliquait. Si les trams circulaient en horaires du dimanches, qu'en serait-il des trains ? J'ai continué à marcher. La ville était jolie et silencieuse, la gare aussi. Pas bon.
L'affichage m'a confirmé ce que je savais déjà : pas de train pour moi avant 8h30. Le trajet s'est fait en voiture avec un collègue. J'aurais pu arriver avec une bonne demi-heure de retard, finalement seulement 5.

A part ça, ça va ?
Comme un dimanche.



Ça n'a rien à voir. Sauf La la la, qui n'est pas ce que je chantais ce matin. La chanson commence à 0:39.