vendredi 29 mai 2009

Vendredi soir. Sans titre numéro un.


Le matin, à l'heure.

Le soir, léger retard.

La chaleur revient, dans les trains aussi.
Sophie, déjà en tenue légère, m'a dit "j'ai grave envie d'aller à la mer, on va camper ce week-end, avec Chouchou".
Le train n'était pas climatisé, bien sûr. J'ai refait mon rêve de piscine. Sophie a emmené Chouchou en camping, mes plaisirs à moi sont plus simples, j'en ai plein le congélateur.
La Chocolate Midnight Cookies, par Häagen Dasz. Un pot à déguster tranquillement devant la télé. Y'a que ça de vrai.
C'est pas de la pub, c'est une opinion.

jeudi 28 mai 2009

Billets s'il vous plaît.


A l'heure, matin et soir.

On voit de drôles de choses sur cette ligne. Ou bien c'est moi.
Il y a le fumeur de base, qui fume dans les toilettes. Celui qui profite de chaque arrêt pour, en 30 secondes, se lever, marcher jusqu'à la porte, l'ouvrir, rouler une cigarette et la fumer. On a hésité à lui conseiller d'au moins préparer sa clope à l'avance. Enfin, le fumeur sans complexe qui profite des fenêtres ouvertes pour fumer comme du temps où les wagons étaient fumeurs. Et quand il ne fait pas assez chaud pour que les fenêtres soient ouvertes, il en est pour en ouvrir une malgré tout.

Il y a ceux qui ne sont pas en règle. Souvent par distraction, ou faute de temps pour les moins prévoyants. La règle est de prévenir le contrôleur avant qu'il nous contrôle. Beaucoup comptent sur leur bonne figure, leur bagou, ou tout simplement sur l'absence de contrôleur pour échapper à l'amende. Moi je fais partie de l'autre minorité, trop couard, pas assez joueur ; je cours après le contrôleur, comme le bon élève que je n'ai jamais été.
Préparez vous à un choc : certaines personnes choisissent de ne pas être en règle. Ceux-là croisent les doigts, se planquent dans les toilettes (quand personne n'y fume), ou courent d'un wagon à l'autre jouant à cache-cache avec le contrôleur.
Je me suis trouvé près de deux délinquants de ce genre. Le contrôleur aurait pu être à quelques jours de la retraite, c'était peut-être même son voyage d'adieu. En tout cas il avait l'air bien heureux, parlant à chacun d'un air entendu (je sais que tu sais que tu fraudais, tu sais que je sais, t'as joué, t'as perdu, je joue pas).
"vous réglez comment monsieur ?
- régler quoi ?
- votre billet n'est pas composté, vous pourriez vous en servir 2 mois comme ça. Il faut le composter. Vous réglez comment s'il vous plaît ?"
L'autre, apparemment, avait bien un billet composté mais de la semaine dernière... Y'en a qui n'ont peur de rien.

Il y a un jeune que j'ai vu plusieurs soirs de suite cette semaine. La première fois, je l'ai remarqué par le cliquetis des rangers qu'il porte ouvertes. Je l'ai entendu avant de le voir, je m'attendais à un type avec un chien. Pas de chien mais des chaussures ouvertes, pantalons baggy et le haut tout aussi large. Un de ces gars à la mode dont le pantalon menace de descendre sur les chevilles chaque fois qu'il fait un pas ou qu'il fouille dans ses poches, au guichet, pour payer son billet.
Je me moque pas. Je réfléchis à voix haute.
Finalement, notre ado chevelu et rebelle me dépasse en racontant à ses copains "putain mon billé pass pa, g du alé voir la fille au guicher" et j'ai pas compris la suite, à mon grand regret parce que j'aurais vraiment voulu savoir comment il s'en était sorti avec son billet. Il tenait à la main son billet du jour, déchiré d'un petit carré dans un coin. A mon âge, j'ai vu assez de gens fumer toutes sortes de choses pour reconnaître un bout de carton découpé pour servir de filtre.
Je me suis dit "qu'est-ce qui peut nous rendre stupide au point de sacrifier ce qui nous est utile ?"
J'ai jamais fumé, je peux pas comprendre.

mercredi 27 mai 2009

Un de perdu, un de perdu.


Le matin, retard probable 15 minutes.
Le soir, 20 minutes de retard.

La grève se terminait à 8 heures ce matin. Trafic normal à partir de midi.
Dans le train hier soir, Solène me dit "j'hésitais à prendre la voiture au cas où le train aurait un problème". Je lui réponds qu'un train est annoncé à 8h et qu'en général les prévisions en période de grève sont fiables. J'aurais dû me douter qu'une formule qui se contredit elle-même est nulle.
C'est donc le pas confiant que je suis arrivé à la gare ce matin. Comme à mon habitude, je cherche sur l'affichage la ligne indiquant le quai de départ de mon train. La nouvelle m'arrête net : le train pour Bergerac est un bus, départ cour Belcier. Mes 15 minutes de retard d'hier allaient se transformer en une heure et au-delà.
Je me demande comment on peut perdre un train qui était annoncé, donc planifié.
Je réalise que le service minimum a été instauré par le gouvernement, pas par la Compagnie du Train qui Nous Transporte dans le but d'améliorer son image/service. Du coup, la Compagnie est moins attentive à la logistique et la moindre ratée est la bienvenue puisque l'intérêt de la manœuvre est de bloquer le maximum de gens ou au moins de provoquer une réaction.
Avec les années, le labyrinthe qui mène à Belcier n'a plus de secret pour moi. C'est donc le pas confiant que j'ai emprunté les tunnels et escaliers vers l'arrière-cour de la gare. Beaucoup de monde. Pas de bus. Il était moins 5, mauvais signe, le bus aurait dû être là. En discutant avec le nouveau, on en vent à se dire que selon l'heure à laquelle Gérardin (la compagnie de bus de Sainte-Foy-La-Grande) a été prévenu, le bus sera en retard d'autant.
Je suis patient. Je suis pas râleur. J'ai attendu, j'ai rien dit. Je me suis quand même un peu inquiété.
Finalement, un bus arrive. C'est pas Gérardin, il y a du monde dedans. Je me doute que c'est pas le nôtre mais je suis le mouvement de la foule en manque de train qui se jette sur le bus.
Il y avait là un contrôleur et un chef de gare, qui attendaient avec nous. Après quelques pourparlers que je n'entends pas la foule repart dans l'autre sens. Ce n'est pas notre bus. Mieux "un train nous attend voie 12" annonce une femme. On a donc continué à marcher jusqu'au quai en question. Un train bleu était garé là, que la Compagnie du Train avait sorti de son chapeau alors que le bus, à son tour, était perdu.
L'affichage sur le quai disait "retard probable : 15 minutes". Et pour cause !

Ce soir, le train d'en face arrive avec 20 minutes de retard.
Comment on appelle ce jeu de dominos debout, on en pousse un et ils tombent tous ?
Ben la Compagnie du train c'est ça. Le train d'en face arrive avec du retard, le notre qui part en temps normal 40 minutes plus tard arrive avec le même retard.

mardi 26 mai 2009

Décrochage régional.


A l'heure, matin et soir.
C'est-à-dire que je suis arrivé un quart d'heure en retard au boulot pour cause de train supprimé pour cause de grève.

A la radio, au réveil, un gars faisait son billet sur les grèves du jour. Il disait qu'il n'y avait pas de mot d'ordre réel. Comme j'avais l'intention d'écrire sur le fait que les motivations des grévistes m'échappent en général, je me suis dit "me voilà bien avancé".
Plus tard, sur une autre radio, un gars donne une formule du genre "grève interprofessionnelle pour le maintien du rapport de force entre les syndicats et le gouvernement" mais plus de 12 heures ont passé et je me souviens plus bien du reste...
J'ai fait une petite recherche sur Google pour avoir des infos plus précises. Je suis tombé sur plusieurs réactions de gens en colère (le voyageur qu'on prend en otage, bla bla bla) qui s'opposent à d'autres qui soutiennent le service public.

En tant que membre de cette communauté "interprofessionnelle", mes revendications sont celles-ci :
Je veux un service minimum à des heures raisonnables. Un train à 8h c'est bien, un bus à 5h20 c'est ridicule et ça ne fait rire personne.
Je veux une permanence le samedi matin à la mairie, pour pouvoir refaire ma carte d'identité. Si le personnel manque, embauchez-moi. S'il s'agit de distribuer des formulaires et de les récupérer remplis, je devrais être à la hauteur.

Quant au reste, un salaire décent, des conditions de travail correctes. Le minimum quoi, le genre de choses tellement évidentes qu'on devrait pas avoir à se battre pour les obtenir.
Et puisque c'est noël (après tout un lutin a épousé un top modèle), hop, du boulot pour tout le monde.
Mais comme disait l'autre, de l'argent nous suffirait.

lundi 25 mai 2009

Y'a plus de saison.


A l'heure, matin et soir.

Je m'y perds. Quand il faisait si chaud en fin d'après-midi ces derniers temps, on avait un vieux train avec les fenêtres ouvertes en guise de clim.
Aujourd'hui il faisait nettement plus frais, peut-être à cause du vent, et je me suis gelé en T-shirt dans le train bleu climatisé...
En plus avec les grèves de demain et mercredi, on se croirait en automne.

vendredi 22 mai 2009

La compagnie ne fait pas le pont. Elle passe dessous.


Le matin, à l'heure.

Le soir, 15 minutes de retard à cause du train d'en face qui était en retard de 30. Pas d'autre info.


J'aime bien les ponts. Passer dessous. Ce bâtiment énorme qui nous domine et nous qui nous faufilons dessous. Enorme, pourtant disparu en quelques secondes.




J'aime le point de vue du train, je voyage pas assez souvent en voiture pour avoir la possibilité de passer sous un pont autrement qu'à pied (et c'est déjà bien rare) ou en train.

Je suis pas sûr que ce soit déjà Bordeaux, la-dessous. Mais j'aime cette place, avec vue sous le pont. Ça faisait très longtemps que je voulais la prendre en photo. La vitesse n'aide pas. En plus il faut viser entre deux tunnels...







Avec un peu d'entraînement et beaucoup de chance finalement, j'ai réussi à avoir des photos sympa. Damien va encore dire que j'ai mauvais goût mais la saleté sur la vitre donne un effet qui me plaît bien...









Et pour finir, un matin, une photo ratée.



mercredi 20 mai 2009

Who wants to be a millionaire ?


Le matin, à l'heure.

Le soir, léger retard.
Une pensée tardive pour Damien et autres voyageurs en partance pour Paris aujourd'hui. Trafic fortement perturbé, il m'a appelé en quête d'une oreille compatissante quand on lui a annoncé 40 minutes de retard. Il sont finalement partis avec 1h05 de retard.

Il y a un sujet, je crois, qu'on n'a pas abordé assez souvent : la chaleur dans les trains.
Le matin, en ce moment, on a les trains bleus qui sont climatisés, tout va bien. Le soir, malgré la chaleur accumulée dans la journée, on a les vieux trains. Un tube métallique au soleil, même fenêtres ouvertes, ça reste un four.
Dans ces moments là je me dis que si je gagnais au loto, je me ferais construire une piscine. Genre bassin à l'intérieur de l'appart, assez grand et profond pour pouvoir barboter plus confortablement que dans la baignoire.
Mais je suis un garçon raisonnable, alors quand je fais ce rêve là une autre voix s'exprime. Si je me retrouvais si riche, je n'aurais plus besoin de travailler. Du coup, terminé les transports à transpiration commune. Et donc, pas besoin du réconfort d'une baignade dans de l'eau à parfaite température.
Le luxe est d'avoir quelque chose qui ne nous sert pas.
C'est pas simple, la vie.


Jai Ho du Film Slumdog Millionnaire

mardi 19 mai 2009

Des gosses partout.


A l'heure, matin et soir.

Il y a un épisode de Doctor Who (version Christopher Eccleston) où le Docteur cherche à entrer sans être vu dans un bâtiment où l'on garde le rescapé d'un vaisseau extra-terrestre qui s'est écrasé sur Londres. Le TARDIS arrive dans une sorte de placard. Le Docteur ouvre la porte pour sortir faire son enquête et se trouve nez à nez avec un groupe de militaires en pleine pause café. Notre héros s'en sort avec un sourire et une pirouette. Pour ceux que ça intéresse l'épisode c'est "L'humanité en péril" (Aliens of London) et l'extra-terrestre est un cochon.
C'est un gag qu'on voit souvent, mais c'est à ça que j'ai pensé en montant dans le train. Il y avait marqué "réservé" sur les vitres, on aurait dû se méfier. On est monté quand même, pour se trouver au milieu de plus d'enfants qu'aucune femme ne pourrait en faire en une seule vie. On a tenté la première classe mais les places n'étaient pas foule non plus. Et puis je suis pas à l'aise quand je suis assis là où mon billet ne m'y autorise pas.
Autrement dit, nous avons fuit. En courant. Vers un autre wagon plus clément.

lundi 18 mai 2009

Qui peut habiter là ?


A l'heure, matin et soir.



Ce ne sont pas les habitations qui manquent, le long de la voie. Certaines sont abandonnées mais pas toutes, loin de là. Les vignobles étaient peut-être là avant le train. En tout cas ils ne peuvent pas quitter l'endroit à volonté.

A l'entrée de la ville, c'est pas mieux, qu'on puisse bouger ou non. Au moins, jusqu'à Libourne, le trafic n'est pas très chargé. Au delà, la fréquence doit calmer l'envie d'ouvrir ses fenêtres en été.

Castillon.

Libourne.

Vayres.

Bordeaux.

Faut bien habiter quelque part.

dimanche 17 mai 2009

Un américain à Paris. Digression.


J'ai passé le week-end à Paris.
J'ai férié le vendredi pour pouvoir aller au concert de Jay Brannan, avant qu'il rajoute une date le samedi soir, pour cause de succès.
J'avais vaguement l'intention de poster un message du genre "le métro aussi" ou bien "tu quoque métro". Pendant le trajet entre Montparnasse et Marcadet-Poissonnier où je devais retrouver un ami, le métro s'est "arrêté en pleine voie", quelle que soit la formule utilisée par la compagnie de métro. Si une telle formule existe parce qu'on n'a pas eu d'annonce. L'arrêt n'a duré que quelques secondes, assez pour tromper certaines personnes qui se tenaient prêtes à descendre, mais quand on a vu des films catastrophes comme Destination Finale III ou Prédictions, ce genre d'arrêt fait un peu peur...
J'ai raté 2 photos.
La première, j'ai pas osé la prendre : un clodo, endormi sur un siège de la station de métro Saint-Sulpice et couvert de cartons, comme une couverture, de la tête aux pieds. A deux mètres de lui, des barrières de travaux avec une pancarte "Nous travaillons pour votre confort".
La deuxième c'était tout à l'heure, au moment d'acheter un sandwich pour le train du retour. C'est une grande gare, il y a des oiseaux partout. Et devant ce vendeur, les zozios couraient entre les pieds des clients. En attendant mon panini poulet-fromage, je remarque un oiseau, sur le tas de chocolatines (pardon, de pains au chocolat), en train de picorer. Une hésitation un peu longue (je le chasse ou je le photographie ?), le temps d'attraper mon téléphone, trop tard, le resquilleur de 60g se fait repérer par le vendeur. L'oiseau s'est envolé, pas la chocolatine. Pardon, le pain au chocolat.
Les TGV étaient à l'heure, à l'aller et au retour.
J'avais vaguement l'intention de poster un petit message à propos du métro.
Et puis en arrivant j'avais un mail de Jay Brannan, à propos de son nouvel album qui sort le 7 juillet, les nouvelles dates et surtout un lien vers une vidéo.
Une cave, une centaine de personnes. Un petit jeune sur scène, sa guitare et 3 chansons au piano. J'ai oublié de prendre mon appareil photo. Je veux dire, je l'ai laissé à Bordeaux. J'ai pris quelques photos merdiques comme mon téléphone sait si bien les faire.
En marchant vers chez moi tout à l'heure, je me disais qu'entre l'appareil et le téléphone j'aurais peut-être pu enregistrer l'intégralité du concert. La prochaine fois.
Si seulement j'avais pris un billet pour le concert du lendemain aussi. Je me serais équipé, je me serais tenu prêt... Je n'aurais pas été le seul.
J'ai fais ma groupie de base.
J'ai poussé mon petit cri aigu (oh le voilà) quand il est passé à côté de nous, dehors, alors qu'on attendait d'entrer.
J'ai acheté le CD, bien sûr, c'était prévu, la version MP3 d'iTunes ne me suffisait pas et j'ai patiemment attendu mon tour pour le faire signer.
Je voulais qu'il me signe le disque mais j'ai pas osé, j'ai tendu le livret, comme tout le monde.

"Is it for you ?
Yes.
What's
your name ?
Bernard.
B-E-R-N-A-R-D ?
Yes."
Il écrit mon nom, me le montre pour que je confirme l'orthographe et il le signe. J'ai dit thank you, on s'est sourit et je suis sorti.
Je me fous de sa signature, je me fous d'avoir des photos de lui, je veux qu'il chante. Je pense à ça depuis que je me suis réveillé samedi matin. Je veux qu'il chante. Et ces machins de gamine, c'est tout ce que j'ai trouvé pour lui faire comprendre qu'il me fait battre mon petit cœur avec ses chansons.




Jay Brannan, chanteur de New-York, est venu à Paris et nous a chanté deux chansons en français. J'en retrouve la vidéo sur You Tube en rentrant alors que j'ai regretté pendant deux jours de n'avoir pas pu ni osé le faire moi-même. Vous croyez vraiment que j'ai envie de parler du métro après ça ?

jeudi 14 mai 2009

Jour de pluie, message rikiki.


A l'heure, matin et soir.

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs bonjour. Vous avez pris place à bord du train TER Aquitaine n°865714 à destination de Sarlat. Ce train desservira les gares de Cenon, Saint-Loubès, Saint-Sulpice-Izon, Vayres, Libourne, Saint-Emilion, Castillon, Lamothe-Montravel, Vélines, Saint-Antoine de Breuilh, Sainte-Foy-la-Grande, Gardonne, Lamonzie-Saint-Martin, Bergerac, Lalinde, Trémolat, Le Buisson, Saint-Cyprien et son terminus Sarlat.
Nous vous rappelons que vos titres de transport doivent être compostés avant l'accès au train. Si cette formalité n'a pas été effectuée, veuillez en aviser spontanément le contrôleur avant toute opération de contrôle. Nous vous rappelons également que désormais tous les trains TER sont des espaces non-fumeurs, toilettes et plate-formes compris. Merci de respecter cette règle de vie.
Mesdames messieurs, dans le cadre du plan vigipirate, nous vous rappelons que l'étiquetage des bagages est obligatoire.
Mesdames et messieurs, la SNCF ainsi que son personnel de bord vous souhaite un agréable voyage.


Il y a ceux qui hurlent dans le haut parleur. Il y a ceux qu'on entend à peine.
Il y a ceux qui annoncent la destination quand le train est à quai. Il y a ceux qu'on n'entend pas avant le départ.
Il y a ceux qui nous font la totale. Il y a ceux qui arrêtent la liste des gares à Bergerac. Il y a ceux qui précisent qu'on continue en bus jusqu'à Sarlat à cause des travaux. Il y a ceux qui le disent deux fois, et très fort.
Il y a ceux qui annoncent les gares sans reprendre leur souffle, comme si leur temps de parole dans le micro était facturé hors forfait. Il y a ceux qui font une pause d'une seconde entre chaque gare et dont l'annonce peut durer plusieurs minutes.
Il y a ceux qui se donnent la peine d'articuler. Il y a ceux qui mangent une syllabe sur deux. Il y a ceux dont la voix est couverte par un sifflement plus ou moins aigu selon la vitesse du train.

Ce matin on a eu ça : "mesdames messieurs, bienvenue à bord du train à destination de Sarlat. Il desservira toutes les gares."

mercredi 13 mai 2009

Carte postale.


A l'heure, matin et soir.


Damien, qui est par ailleurs un gentil garçon, n'a pas manqué de se moquer de mon choix de photos. Les pommiers, la casse, on a vu mieux et j'aurais pu faire mieux, dit-il.
De la part de quelqu'un qui veut que je prenne en photo les tags et un tas de cailloux entre deux arbres (une carrière ?), je trouve ça un peu ironique.
Quand même, pour rassurer les gens qui me connaissent et qui en sont peut-être venus à croire que vraiment, j'ai de drôles de goûts et que j'ai bien fait de pas faire photographe, voilà deux photos que j'ai réussi à prendre. Un peu par accident, mais au moins il faisait beau.
Et j'espère en même temps exaucer Speedy-Solène qui nous avait suggéré une photo de cet endroit là, les rives de la Dordogne, à la sortie de Sainte-Foy-la-Grande.



N'empêche, je suis content de moi.

Et un mécano de plus de malade !

Je vais finir par croire que l'Assurance Maladie subventionne la SNCF car je trouve que les raisons invoquées pour un train supprimé reviennent souvent sur la maladie d'un de leur agent ! Tel a été le cas lundi 11 mai.. Le train de 18h39 a été supprimé. Il a fallu attendre celui de 19h16 !
Juste avant d'aller prendre le train, j'étais allée voir le site Internet de TER Aquitaine sur lequel il n'était rien de noté ! Je me suis tout de même étonnée de cela auprès de la personne au guichet qui n'a su rien me répondre, comme d'habitude .....

mardi 12 mai 2009

J'aime le train.


Le matin, à l'heure.
Le soir, 12 minutes de retard à l'arrivée. On est resté coincés à Castillon à cause du train croiseur (c'est le terme employé par le contôleur) qui a été retardé par un tracteur.

Damien en a parlé, la Compagnie communique cette semaine avec ses usagers. Il semble, entre autres choses, qu'ils aient ressorti le slogan "Donnons au train des idées d'avance".
Je ne conteste pas la valeur de leurs idées. J'ai plutôt l'impression que c'est la réalisation des idées en question qui prend tellement de temps que finalement on n'est pas plus avancé. Et même, il faudrait savoir à quelles idées ils font référence. Qu'est-ce que ça pourrait être ? Prenons la clim tient. Elle y est dans les trains les plus récents. Et ces trains là ne circulent que très rarement sur notre ligne.
Il y a à notre gare d'arrivée une campagne d'affichage qui vante les trains Bombardier, plus confortable, plus spacieux. C'est vrai qu'ils sont bien, j'en ai pris un un soir où on m'avait fait prendre un bus jusqu'à Libourne. Le train venant de Sarlat était plein, faute de wagons, et il fallait laisser la place. Et comme le bus en question n'allait pas jusqu'à Bordeaux, j'ai pris le Bombardier qui venait je crois de Pégigueux pour terminer mon trajet. A propos d'idées, voilà le genre d'idées qu'ils ont, à la Compagnie. On n'a pas mis assez de wagon, prenez donc le bus, puis un train. Arrivée 21h à la maison, au lieu de 19h en temps normal.
Le pire (non mais je rêve) c'est que j'étais tellement impressionné par ce si joli train que j'étais heureux de mon aventure. Je me fais honte tout seul.
Mais je m'égare.
On nous vante le Bombardier sur notre ligne, mais il n'y circule pas. Jamais. Et il y a peu de chance que ça nous arrive avant qu'il soit obsolète.
Ah ! C'est ça une idée d'avance : un train Bombardier sur la ligne Bordeaux-Sarlat. C'est éventuellement envisagé, mais ça ne sera effectif que dans longtemps.
Entre temps, on reste dépendant d'un tracteur sur un passage à niveau.

C'est le pied !

Oui, c'est vrai, on peut penser que l'obsession nous reprend.
On y revient, foot fetish toujours !
















La pratique est légion dans le train, avec chaussettes, avec chaussures, sans chaussettes, ni chaussures… Toutes les configurations sont possibles…
















Le train est libertin ; toute amplitude est laissée à ceux qui souhaitent s'adonner à cette pratique fétichiste, à l'image de Madonna au dos de son album Erotica !





















La libération des mœurs n'en n'est pas au même stade d'ouverture dans tous les moyens de transports, comme dans les bus et tramway par exemple.

Une lutte acharnée contre cette perversion y est en effet assurée, par le slogan suivant :

"Tram et bus : un espace civique :
Certaines places sont réservées aux personnes à mobilité réduite, merci de penser à elles et de proposer votre place spontanément. Respecter l'interdiction de fumer, ne mettez pas les pieds sur les sièges, merci !"


L'impact de cette lutte vertueuse contre les adorateurs du pied est renforcé visuellement par l'artwork suivant :
















Cette politique répressive totalitaire est discrétionnaire. Le fétichisme est admis dans le train, mais pas dans le bus.

Notons tout de même que la reprise de la gérance des bus et tramway vient d'être effectuée par une filiale de la compagnie du train

Peut-on penser que la compagnie, par le biais de sa holding, va opérer une révolution sexuelle en éradiquant toute sanction liberticide à l'égard des fétichistes ?

C'est déjà le pied dans le train, ce sera peut-être un panard d'enfer dans le bus, pour reprendre l'expression propagée par Matmatah dans le refrain de leur "Apologie"!

Starsystem

On a des lecteurs !

Deux commentaires par une personne autre que moi ont été postés sous des messages récents.

Bon relativisons ce succès d'estime, l'auteur desdits commentaires a visité le blog sur invitation de ma part, et non sur simple découverte fortuite, mais quelle importance ?
Un commentaire, oui ; mais un deuxième… alors là, ça démontre que peine à été prise de récidiver volontairement, en revenant lire la suite de nos petites anecdotes ou pensées hautement philosophiques, ce qui laisserait entendre, sans prétention aucune, qu'un intérêt minimal à été suscité par nos histoires !

On entrerait dans l'engrenage starsystem (sans démesure dans le propos, non , non…) ?!

Alors… On continue !

lundi 11 mai 2009

Oyé Oyé !

Il me fallait ce matin renouveler mon abonnement pour la semaine.
C'est la raison pour laquelle j'arrivais plus tôt en gare de Bordeaux.
J'attrapais machinalement le billet tendu par la guichetière lorsqu'un coup de sifflet strident arrivant de je ne sais où me fit sursauter.

En me retournant, je constatais que la gare était envahie de crieurs à l'allure troubadours, ou autre bouffon ou cracheur de feu. Il n'y avait cependant pas de femme à barbe. (à l'exception du quota classique de celles prenant le train, mais là n'est pas notre propos).

Ce n'était point la cour de miracle mais bien le hall de gare, que je pensais aux prises d'une nouvelle horde d'anarchistes lambdas revendiquant je ne sais quoi...

Il s'agissait de deux groupes de trois personnes perchées sur un piédestal, hurlant chacune à tour de rôle une phrase quasi inaudible, car noyée dans le tumulte de la gare.

Curieux de cette nouvelle attraction, je m'approchais furtivement de ces saltimbanques tous vêtus de blanc, à l'identique, afin de mieux comprendre ce qui se tramait.

Les trouvères immaculés clamaient en fait chacun une phrase évoquant l'amour d'un passager pour les voyages en train (Exemple : Le premier baladin balance "J'aime le tain" ; le second envoie "J'aime lire dans le train", le 3e rebondit et lance un truc dans le même style, on aura compris l'esprit, toujours à la pointe des dernières tendances en matière d'image "dynamique", de la compagnie.)

Il s'agissait en effet d'intermittents du spectacle chargés par la compagnie de rétablir un lien communicatif avec ses usagers, lassés des dysfonctionnements chronique subis.
Cette semaine, il est en effet possible de visiter les coulisses de la compagnie, de voir l'intérieur d'une cabine de train, regarder comment sont gérés les retards (parce qu'il paraît qu'ils sont gérés !!)...

C'est pas moi qui le dit d'ailleurs, mais le journal qui m'a éclairé concernant la présence d'acteurs de renoms, dont la carrière semble prendre un essor considérable dans cette gare !
Et les crieurs informent de cette procédure pacifique de reconquête de l'amour perdu.

Tout un programme !

On ne peut que se dire que la compagnie sait affecter son budget à des investissements judicieux !

Droit de réponse.


A l'heure, matin et soir.


On a eu notre premier commentaire !
Même si c'est assez commun sur internet, ça fait plaisir de savoir qu'on est lu (même ponctuellement) par des étrangers. Cela dit, j'ai appris tout à l'heure que cet étranger-là n'était pas venu par hasard. D'ailleurs le temps que j'écrive tout ça, c'est devenu un commentateur régulier, voilà comment on fout en l'air mon entrée en matière. Tant pis, c'est bien quand même.
Ce commentaire, tout simple, s'amuse de nos efforts à agrandir le groupe, façon chasseur de tête ou casting (puisque c'était le titre du post).

Damien s'amuse, il a sa brune à la maison. Il dit avec raison que puisqu'il faut être accompagné, qu'au moins la compagnie soit jolie. Mes goûts à moi sont différents et si je n'habite plus avec maman depuis longtemps (quoique) c'est vrai que je n'ai qu'une chatte pour me tenir compagnie. Peut-être alors que vraiment l'enjeu, pour moi, est différent.
Les indiscrétions (bien rares finalement) sont un jeu, pour lui comme pour moi, même si je suis un peu plus réservé.

Moi j'étais tranquille j'étais peinard, tout seul. C'est mon côté ours. Un groupe s'est formé, notre big-bang à nous, créant un noyau dont le catalyseur était le train. Bien sûr, c'était pas une démarche, personne n'a recruté personne. Un remède contre la solitude à heure fixe (à 20 minutes près, ça dépend des jours). On s'est bien marré, j'étais bien.
Mais rien ne dure, c'est pas nouveau. Et de cinq nous voilà à deux. Ça n'aurait pas été bien grave que je me retrouve tout seul (ça me pend au nez a priori) mais là on n'est ni tout à fait seul ni tout à fait en groupe. D'où nos enfantillages.

Ces visages qu'on connaît à force de les voir tous les jours, comment les ignorer ? Je sais qu'on peut pas rencontrer tout les passagers de la ligne Bordeaux-Sarlat, j'en ai pas envie, et Damien sûrement pas non plus.
Je me dis juste que quand je croise le regard de quelqu'un, il y a peut-être une rencontre à faire. Je ne suis pas du genre à aborder les inconnus, alors quand cet échange de regard se répète, cette impression de passer à côté de quelque chose gagne en force.

Désespéré peut-être.


jeudi 7 mai 2009

Spécial dédicaces.


A l'heure, matin et soir.

Il y a entre Vélines et Lamothe-Montravel (ou bien après Lamothe, je sais plus trop) une plantation d'arbres. Ils sont bien rangés, et des tuyaux qui me font penser à un système d'arrosage. Souvent, Alexandre demandait "c'est quoi ces arbres ?". Moi, je croyais que c'était des pommiers, je sais qu'il y en a dans la région et même un peu plus loin. En y regardant de plus près, ce ne sont pas des pommiers. Et Alexandre, je crois, n'a jamais eu de réponse.

Damien, il aime les casses. Je ne juge pas, j'expose.


mercredi 6 mai 2009

Crise d'identité.


A l'heure, matin et soir.

Je vous ai parlé de cette femme à vélo, habillée comme le tueur de "souviens-toi l'été dernier", en ciré vert et bonnet. Avec les beaux jours qui arrivent, elle a sorti une casquette et une veste assortie, plus légère. Et toujours le gilet de sécurité de rigueur. Maintenant elle ne ressemble plus à personne.
J'ai l'air de me moquer mais en fait non, et c'est vraiment drôle quand on sait comment je m'habille...
Trêve de timidité, j'ai fait mon autoportrait.

Et comme je suis plutôt content de moi et de mon appareil, je précise que les deux trains roulaient.

mardi 5 mai 2009

C'est trop bas pour un avion.


Le matin, à l'heure.

Le soir, léger retard.

Les gens qui voyagent loin prennent toujours des photos depuis l'avion. Je les comprends, la vue est superbe, surtout si on vole assez haut pour ne pas voir les détails en bas. Du coup, on se retrouve avec des photos de ciel encadrées par le hublot, l'espèce de rideau en haut.
J'aurais bien du mal à faire la blague des gens qui ressemblent à des fourmis, dans mon tchou-tchou. J'ai commencé à prendre des photos dans le sens de la marche pour voir.


Et puis je me suis dit, tiens, pourquoi pas faire comme ces photos prises depuis les avions, avec le rebord de la fenêtre ? Et le fameux rideau qui fait tant frémir Damien en prime ?



Ça n'a pas tout à fait donné ce que j'attendais. Pour être honnête, je vous ai montré les moins réussies. Les autres étaient simplement sans intérêt.

lundi 4 mai 2009

Conflit de générations.


A l'heure, matin et soir.

Ce matin il y avait une jeune fille dans le train. C'était un vieux train, chaque wagon est divisé en deux par une porte coulissante. A l'époque c'était pour séparer les non fumeurs des drogués.
Elle était seule, la musique du portable à fond. J'ai traversé le wagon, fermé les portes, me suis assis à l'autre bout. J'entendais encore la musique. J'aurais pu lui demander gentiment d'éteindre mais qui sait de quoi est capable une ado de nos jours.
De mon temps on voyait les jeunes à la télé un poste énorme sur l'épaule. Aujourd'hui, les progrès technologiques étant ce qu'ils sont, il suffit d'avoir un téléphone et la musique tient dans la main. Au moins, à l'époque, le son était meilleur, qu'on aime ou non.
D'autres gens sont montés, ils ont tous passé la porte pour s'asseoir de mon côté. Elle est restée seule je crois jusqu'à ce que d'autres de son âge montent.
On dit que les casques de walkman rendent sourds. Je me demande à quel point leur audition peut être atteinte pour continuer à apprécier une musique, aussi mauvaise soit elle, quand elle sort d'un engin qui a déjà bien du mal à transmettre une voix.